parution 12 juin 2013  éditeur Futuropolis  Public ado / adulte  Thème Guerre, Chronique sociale

Clichés de Bosnie

Avril 2004, Aurélien Ducoudray, photographe, part en Bosnie sur les traces du conflit en ex-Yougoslavie pour y réaliser un reportage. Là-bas, il fait des rencontres mémorables et découvre un pays en reconstruction... Un ensemble foisonnant et bancal.


Clichés de Bosnie, bd chez Futuropolis de Ducoudray, Ravard
  • Notre note Yellow Star Grey Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Grey Star Grey Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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©Futuropolis édition 2013

L'histoire :

Aurélien Ducoudray est alors photographe pour un petit quotidien de province, Le cri du peuple. Il apprend par hasard qu'un convoi humanitaire doit prochainement se rendre en Bosnie, dans le cadre d'un projet pédagogique et humanitaire mené par la présidente d'une association, Arlette, ancienne prof de collège forte en caractère, infatigable et têtue. Il voit là le moyen de s'arracher de son quotidien monotone de photographe de PQR. Adieu les compte-rendus de visites de gens importants, les accidents et faits divers sordides, les manifs, les matches ennuyeux de l'équipe de ligue 2... Reste à convaincre le rédacteur en chef qu'un reportage en Bosnie pourrait intéresser du monde. Plusieurs conditions : prendre des RTT ou des vacances, amener son propre matériel et se faire recruter par l'association. Une fois tous réunis, la fine équipe composée de volontaires, d'infirmiers et médecins, d'interprètes et de journaliste (un en fait !) peut enfin prendre la route à bord d'un camion. Direction Tuzla en Bosnie. Là-bas, le photographe découvre la réalité d'un pays qui a subi un génocide et la violence d'une guerre civile fratricide. Des rencontres étonnantes, des souvenirs mémorables et un voyage plein d'humanité...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Aurélien Ducoudray, journaliste-photographe, part en 2004 en Bosnie pour réaliser un reportage pour un petit quotidien de province, aux côtés d'Arlette, ancienne prof de collège devenue chef de projet d'une mission humanitaire à destination des réfugiés bosniaques. L'idée était intéressante, sa réalisation hélas un peu moins, à l'image du premier chapitre titré « généralités ». A vouloir passer du rire aux larmes, du cocasse au grave, à multiplier les anecdotes, le récit ne trouve jamais son ton ou son rythme, pour un ensemble assez ronflant. Le lecteur découvre d'abord prémisses et contrariétés de la mission humanitaire, soucis logistiques... Ensuite, à l'appui de cartes, une rapide histoire des Balkans et du conflit entre Serbes et Bosniaques (100 000 morts, 2 millions de personnes déplacées) des rencontres surprenantes (membres de l'association, réfugiés), des réflexions intéressantes sur la photographie ou le journalisme et enfin des scènes saisissantes relatives à l'épuration ethnique (voir la séquence des tunnels, massacre de Srebrenica). Le ton est quant à lui plutôt léger et naïf, parfois grave, n'éludant pas une forme d'humour noir souvent bien senti malgré les cicatrices du passé encore en à vif ou la pauvreté de populations qui subissent encore, dix ans après, le contrecoup du conflit. Oui mais voilà : faute de rythme, de fil directeur (le voyage ressemble à un prétexte) et de savoir où il veut aller, le récit part dans tous les sens, rarement aidé par des dialogues bavards. Il s'en dégage une impression de foisonnement mal maîtrisé dans un livre qui, s'il évite les clichés, empile néanmoins les séquences sans révéler de point de vue original et sans creuser la question de fond du génocide en ex-Yougoslavie. A l'image des photos en fin d'ouvrage (pourquoi ne pas les avoir intégrées au récit ?), très belles au demeurant, mais qui viennent s'ajouter comme un bloc au reste de la narration. Graphiquement, François Ravard s'applique avec son crayon à transposer sobrement l'essence d'une situation dans un style monocorde mais agréable. Certaines séquences interpellent, d'autres, plus nombreuses, laissent indifférent. Les personnages restent globalement transparents, à l'exception d'Arlette et du photographe. Bref, l'ennui l'emporte plus souvent sur l'émotion. Dommage, car toute la matière était là pour réaliser un bon reportage. Au final, une BD à tiroirs qui déçoit par manque de clarté sur ses intentions.

voir la fiche officielle ISBN 9782754806992