parution 08 janvier 2009  éditeur Futuropolis  Public ado / adulte  Thème Conte - Féerie, Historique

Le fils de l'ogre

Subjugué par les offices d’un bourreau, un garçonnet embrasse une carrière sanglante. Un conte moyenâgeux passionnant et cruel, plus proche de la tragédie classique que de la geste épique…


Le fils de l'ogre, bd chez Futuropolis de Mardon
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Futuropolis édition 2009

L'histoire :

En cette ère moyenâgeuse, les pendus des manants et autres criminels ornent les entrées des villes fortifiées. Les exécutions font régulièrement l’objet d’un spectacle, sur la place publique du bourg, devant une large assistance. Une fois sa besogne accomplie, d’un violent coup de hache bien ajusté, le bourreau, un gros bonhomme encapuchonné, faisait alors valoir son « droit de havage » parmi les commerçants : il les visitait un à un et prenait tout ce que ses bras pouvaient emporter. Agé de 13 ans, Benoît, fils d’une mercière, reste totalement subjugué par ce personnage. Il a lui-même quelques prédispositions à la torture et se complait à les exercer sur les petits animaux… Son intérêt l’amène un jour, à suivre en cachette le bourreau, au-delà des remparts – car le bourreau se devait d’habiter en dehors de l’enceinte de la ville – jusque dans sa tanière. Une fois dépassée la lisière de la forêt, l’homme peut retirer sa capuche et jouir d’une agréable maisonnette nichée dans une clairière. Un jour que benoît l’espionne, le bourreau reçoit la visite galante de… l’épouse du seigneur local ! il assiste stupéfait, par la fenêtre, à des jeux fripons… Plus tard, profitant d’un jour d’exécution, Benoît pénètre dans la demeure du bourreau, et lui dérobe un pendentif représentant la Dame. Puis il revient chez lui, pensif. La cache où il placera le bijou sera néanmoins bien mal inspirée et signera le début d’une tragique décadence…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Première bonne surprise de l’année, chez Futuropolis ! Grégory Mardon abandonne un temps la chronique de mœurs contemporaine, pour aborder un genre nouveau : le conte médiéval. Il était une fois, Benoît, garçonnet cruel devenu seigneur sanguinaire, au cours d’un destin épique dont l’amertume emprunte largement à la tragédie grecque. Mardon voulait renouer avec l’imaginaire des contes moyenâgeux de son enfance, mais il n’oublie pas pour autant la part de l’intime et la chronique de mœurs qui caractérisent son œuvre. Son trait réaliste et néanmoins spontané a une telle force évocatrice que l’auteur s’affranchit la plupart du temps de dialogues, sans que cela nuise à la limpidité de l’histoire. Hormis un curieux passage sur-dialogué entre guerriers au beau milieu de l’album (une « anti-respiration » ?), on partage ainsi visuellement, en noir et blanc, le destin tragique de Benoît, découpé en 3 chapitres. La plupart des séquences clés sont donc silencieuses : ses filatures du bourreau, son drame personnel, ou son mal-de-vivre. En revanche, son virage existentiel, sa reconstruction dans l’horreur et sa dernière heure sont plus prolixes, mais n’empêchent pas l’album de se dévorer à toute vitesse. A l'occasion de quelques pauses contemplatives, Mardon emprunte astucieusement une mise en page et un découpage moyenâgeux et iconographique : les scènes sont représentées à la manière des chansons de geste de l’époque, avec force bordures enluminées et art « grotesque » (au sens non péjoratif). En outre, Mardon nous gratifie d’une pure révélation finale, du genre à vous donner des frissons dans le dos… Brillant !

voir la fiche officielle ISBN 9782754802055