parution 01 novembre 2008  éditeur Futuropolis  Public ado / adulte  Thème Chronique sociale

Lulu, femme nue T1

Lulu, une quadra étouffée par sa vie de famille, se met « en vacances » dans une ville du littoral, le temps de se retrouver. Liberté intime et « démon de midi » : une chronique sociale juste et touchante...


 Lulu, femme nue T1, bd chez Futuropolis de Davodeau
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Futuropolis édition 2008

L'histoire :

Un groupe d’amis quadragénaires s’est réuni sur une terrasse, pour revenir sur les évènements qui ont bouleversé la vie de famille de Lulu, leur amie, dans les derniers jours. Désemparé, Xavier raconte que tout commence ce jour d’octobre, où Lulu sort d’un énième entretient d’embauche, qu’elle sait d’emblée infructueux. Ça fait 16 ans qu’elle n’a plus travaillé pour se consacrer à sa famille et elle prend conscience que trouver un job dans ces conditions relève de la mission impossible. Mais plutôt que de rentrer chez elle tout de suite, elle se sent le besoin de rester un peu, comme pour faire le point. Elle loue une chambre dans un hôtel dépeuplé et sympathise avec une VRP qui l’encourage à prendre un peu de distance sur sa vie. Le lendemain, elle accepte de se faire conduire par cette dernière jusqu’à sa prochaine étape, une station du littoral. Là, elle se promène seule, regarde la mer, se met psychologiquement « en vacances » et sympathise avec un type qui roupille sur les galets… Pendant ce temps, Tanguy, son mari, noie son chagrin dans l’alcool : si Lulu conforte ses amis sur son état moral via portable interposé, elle ne prend aucun de ses appels et ne lui a donné aucune explication sur ce comportement inattendu. Ce con-là a même déposé une lettre de démission sur le bureau de son patron…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Après le témoignage engagé d’Un homme est mort, Etienne Davodeau revient à la fiction. Evidemment toujours profondément humain et social, Lulu femme nue est le récit d’une quadra-quinqua qui prend soudainement le temps de se retrouver, de récupérer sa liberté, par opposition à la pesanteur d’une vie familiale certainement aimante, mais qui l’étouffe depuis trop longtemps. Une escapade salvatrice, un moment d’abandon lucide, la concrétisation d’un démon de midi en quelques sortes. Davodeau joue alors avec la narration, en racontant l’histoire de gens qui racontent l’histoire de Lulu. Au présent, le récit dure le temps d’une veillée sur la terrasse d’un pavillon standard, où un groupe d’amis revient en moult flashbacks sur l’aventure de Lulu. On devine que la situation n’est pas au beau fixe, mais on ignore le contexte précis… et on l’ignorera tout au long de ce premier tome (le récit formera au final un diptyque). Pour le moment, c’est au lecteur de décider, selon son ressenti et son optimisme, la nature des conséquences de l’aventure de Lulu. C’est un moyen habile de ne pas se détourner du sujet : de l’importance des espaces intimes de liberté. C’est un moyen aussi de ne focaliser que sur les aspects légers et/ou positifs de ce type de comportements, relativement courant. Davodeau avoue qu’initialement, il voulait proposer « un voyage au pays de l’inaction, raconter une parenthèse, explorer le rien foutre ». Tout en goûtant aux joies de l’improvisation, il livre finalement une nouvelle fois un récit profondément humain, juste et poignant, un témoignage certes fictif, mais qui impose le respect de l’autre. Du vrai, du pur, du grand Davodeau, comme on l’aime…

voir la fiche officielle ISBN 9782754801027