parution 06 février 2013  éditeur Futuropolis  Public ado / adulte  Thème Chronique sociale, Historique, Politique

Motherfucker T2

Un membre des Black Panthers refuse de servir au Vietnam, il est donc considéré comme déserteur. Une bien belle occasion de générer l’escalade de la violence… Une illustration tragique des 5 derniers points du célèbre programme du parti noir.


 Motherfucker T2, bd chez Futuropolis de Ricard, Martinez
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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©Futuropolis édition 2013

L'histoire :

Dans les années 60, le mouvement des Black Panthers prône avec virulence la fin de la discrimination raciale à l’encontre du peuple noir, selon une organisation sociale plus égalitaire et ostensiblement socialiste. A Detroit, où le mouvement s’est également organisé, le jeune noir Vermont Washington passe ses journées à militer aux côtés de son ami Douglas. Ce jour-là, ce dernier reçoit son ordre de mobilisation pour la guerre du Vietnam. Evidemment, il refuse de partir faire la guerre à des vietcongs, qui luttent pour la même idéologie communiste qu’eux ! Les autres membres du mouvement le soutiennent largement dans son objection. Evidemment, des flics viennent un jour l’arrêter pour désertion. Il est rapidement jugé, mais à la sortie du tribunal, une surprise l’attend : une grande manifestation de soutien s’est organisée dans la rue, à l’initiative de Vermont. Les « pigs » (porcs = policiers) ne ratent pas cette occasion : ils répondent par la violence et la manifestation dégénère. Vermont, Douglas et quelques Black Panthers fuient et se barricadent dans leur QG, cernés par les flics. Des heures trop calmes passent. Puis l’assaut est donné. Les flics en profitent de la confusion pour mettre Douglas à l’écart et l’abattre froidement. Vermont, lui, est assommé, arrêté, questionné et il écope au final de 3 ans de prison. Que vont devenir sa femme et sa petite fille sans lui ?

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Le poétique terme de « Motherfucker » (les anglophones savent traduire) était utilisé par les Black Panthers pour désigner ironiquement chaque membre de leur parti politique, né en Californie dans les années 60. Imprégné de socialisme, ce mouvement revendiquait avec jusqu’auboutisme une égalité des droits pour les noirs américains. Avec ce second volet de leur diptyque, Sylvain Ricard et Guillaume Martinez concluent « une » histoire des Black Panthers, à l’aide d’un dessin réaliste, un joli lavis en noir et blanc. En effet, il ne s’agit pas ici d’en raconter les réels et historiques étapes, mais d’en illustrer le fameux programme en dix points, à travers le destin tragique et fictif d’une poignée de membres. Le récit savamment orchestré par Sylvain Ricard fait coller la spirale infernale dans laquelle s’enfoncent Vermont et de Douglas, aux cinq derniers points du programme militant des Black Panthers. C’est-à-dire qu’il aborde dire la question du service militaire, des brutalités policières, de l’emprisonnement inique, d’une justice équitable et d’un référendum des noirs pour leur auto-détermination. Tout le monde sait comment ça se termine : ça ne se termine pas. La lutte contre les discriminations raciales est aujourd’hui toujours d’actualité et elle ne se limite évidemment pas aux noirs américains.

voir la fiche officielle ISBN 9782754808071