parution 16 septembre 2015  éditeur Glénat  Public ado / adulte  Thème Historique, Politique

Unité Combattante Trudaine

Plongée dans l’activisme anarcho-communiste de la fin des années 70 et le début des 80, avec une fiction qui se nourrit de la réalité, celle d’action directe. Choc.


Unité Combattante Trudaine, bd chez Glénat de Ricard, Rica
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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©Glénat édition 2015

L'histoire :

A la fin des années 70 et au début des années 80, le groupe Action directe, composé dans son noyau dur de Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron et Georges Cipriani, fait trembler la France à coups d’attentats, de mitraillages de bâtiments officiels, de braquages et de meurtres. Ils se réclament d’une « idéologie communiste libertaire, antiautoritaire et antistalinienne » et font partie d’une internationale avec la « Fraction Armée Rouge » allemande. A Paris, en 1984, Sandrine, Serge et Yann jalousent la réussite de leurs aînés. Ils signent des petites attaques contre des commissariats du nom d’Unité Combattante Trudaine, ou UCT – nommée ainsi en référence à la fusillade rue Trudaine ou deux policiers furent abattus et un blessé par Action Directe. Ils décident d’entrer plus avant dans la clandestinité et radicalisent leurs actions. Cela commence à inquiéter les services de renseignement français. Le chef des RG décide d’envoyer le jeune William, une recrue prometteuse, infiltrer la cellule UCT. Pour mener à bien sa mission, William doit connaître et maîtriser leur discours, il doit devenir l’un d’eux. Au risque d’oublier qui il est...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Ça commence par deux planches, l’une sans paroles, l’autre assez laconique, montrant l’assassinat de Gabriel Chahine en 1982, l’indic’ qui a permis l’arrestation de Rouillan et Ménigon. Ça continue par des jolis petits dessins, des portraits marquants de la « génération 80 » : Mitterrrand, Chirac, Platini, Casimir, Chapi Chapo, Drucker, Coluche… Mais les mots racontent une autre histoire du tournant des années 80 : celle de la violence au quotidien, de l’atmosphère de peur créée par les activistes anti-étatistes, devenus, dans une radicalisation toujours plus folle, progressivement des terroristes, et de simples meurtriers de bas étage. Sylvain Ricard raconte une double histoire. D’abord celle de cette radicalisation, inexorable, une course à l’échalote, la notoriété. Pour faire passer des idées, l’UCT a recours à des actions choc, pour marquer les esprits. Comme ça ne fonctionne pas, ses membres entent dans une complète clandestinité, durcissent leurs actions, et finissent par faire l’apologie du meurtre. D’un autre côté, il raconte la difficulté d’être infiltré, de vivre l’exaltation des mots et des actions, de partager le quotidien d’hommes et de femmes qui semblent croire en quelque chose de plus grand qu’eux, une quête. Le jeune flic infiltré est donc ballotté tout au long de ce récit noir, mêlant polar et espionnage, entre la beauté de l’idée et l’horreur de l’action, entre le rejet du cynisme de ses supérieurs et l’amour pour Sandrine… Le dessin de Rica, noir et sobre, sans chichi, ajoute à la gravité de l’œuvre. Le lecteur aussi se retrouve immergé, respiration retenue, tout au long de cette BD au suspense lourd. Et on se dit que, finalement, le monde n’a pas tant changé que ça, et que l’idéologie, qu’elle soit athée ou religieuse, est souvent un simple prétexte à la violence.

voir la fiche officielle ISBN 9782344008843