parution 05 novembre 2014  éditeur L'Association  Public adulte  Thème Roman graphique, Politique

L' An 01

En 1971, Gébé propose une révolution « sans douleur » : « on arrête tout on réfléchit et c’est pas triste !». Aujourd’hui réédité par l’Asso, ce manifeste à l’origine du film de Doillon sonne comme un rappel indispensable.


L'An 01, bd chez L'Association de Gébé
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©L'Association édition 2014

L'histoire :

Et si un jour, on mettait notre réveil à cinq heures du matin, juste pour rire, pour faire comme si on était avant…? Et on se marrerait tellement qu’on en aurait une envie folle de faire l’amour. Et si plutôt que de prendre le même train tous les matins, on décidait de prendre le suivant, voire de ne plus le prendre du tout ? Et si on stoppait les machines, pour prendre le temps de lire Platon. On discuterait, voir où on en est, on imaginerait avec calme et liberté quelle forme on veut donner à la suite des évènements… Voilà le programme de l’An 01 : « On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste ! »

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Au commencement, était le Temps. A l’heure d’une société courant vers le progrès, le métro du matin, la dernière machine à laver, Gébé, un beau jour d’octobre 1970 propose, aux lecteur de Politique-Hebdo, un Temps d’Arrêt. « On arrête tout », on laisse les industries, les bureaux en l’état, et on réfléchit à une organisation correspondant réellement à nos besoins. Emprunt du printemps 68 et nourri du situationnisme de l’époque, il avance 9 résolutions tenant sur 5 planches publiées en quelques semaines. A l’ordre du jour : l’abolition des hiérarchies, de la propriété, du travail aliénatoire et par conséquent du divertissement, de la justice comme contrainte, et ce en faveur d’une liberté d’instruction, de création, de circulation, de plaisir. A l’image de ses cases toutes en rondeur, l’ancien rédacteur en chef d’Hara-Kiri invite ainsi à une révolution sans violence, où tout est à inventer. A l’origine, une bande dessinée comme manifeste politique, donc, mais également lieu d’échange, comme en témoigne le « courrier des lecteurs ». Puis, très vite, Gébé, en collaboration avec Jacques Doillon, appelle au tournage collaboratif d’un film œuvrant à l’appropriation générale de l’An 01. Les planches deviennent scénario, travail préparatoire, brouillon consciencieux d’une oeuvre – cinématographique et sociale – à venir. L’impatience, voire la frénésie de Gébé est alors palpable dans l’envahissement textuel de certaines pages, qui se glisse dans les moindres recoins, jusqu’à vouloir parfois en déborder. C’est à un processus en cours que l’on assiste, un laboratoire aussi politique que graphique, sous forme de variations de scènes de plus en plus loufoques d’un monde qui tournerait autrement. Ce n’est pas un rire sonore que déclenche la lecture de ces planches, car Gébé applique à son humour sa théorie du « pas de côté » : c’est en se décalant d’un pas que l’on voit mieux, et que le reste grince. Le film sera finalement bien tourné au cours d’un tour de France des deux auteurs, et fera 500 000 entrées. 40 ans plus tard, l’Association offre une réédition, augmentée de pages inédites et préfacée par Frédéric Pajac et Jean-Christophe Menu. La couverture est cette fois cartonnée, le papier épais, et la lecture peut être agrémentée du visionnage du film, d’interviews de Charb, Cavanna, Doillon, ainsi que de courts-métrages du réalisateur et du dessinateur, et ceci, grâce au DVD inclus. Un objet soigné, pour un ouvrage historique, qui nous rappelle d’être moins con.

voir la fiche officielle ISBN 9782844145208