parution 15 avril 2011  éditeur L'employé du moi  Public ado / adulte  Thème Chronique sociale, Anticipation, Politique

Blackbird

Dans une société ultra répressive envers les fanzines et l’autoédition, un groupe d’auteurs marginaux est traqué par la police. Une BD militante en forme de manifeste pour la liberté d’expression et de mise en garde contre les dérives totalitaires.


Blackbird, bd chez L'employé du moi de Maurel
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©L'employé du moi édition 2011

L'histoire :

Ce jour là, les députes votent une loi qui interdit strictement l’autoédition et les fanzines : afin de contrôler les contenus à caractère litigieux (et d’offrir aux auteurs des conditions optimales de distribution de leurs ouvrages…), toute publication devra désormais passer par un éditeur agréé ! Ils sont cinq. Cinq jeunes auteurs marginaux à se retrouver complètement désemparés par cette loi. Eux qui mettent depuis des mois toute leur énergie dans la création de leur fanzine Blackbird (des photocops agrafées), dans sa promotion (des stickers) et sa distribution (sur le comptoir des boutiques amies), deviennent des hors la loi s’ils poursuivent cette activité. Or, au même moment, l’un d’eux a le bonheur de voir un de ses projets accepté par un petit éditeur… Il passera néanmoins pour un traitre au sein du groupe. Dans leur local, les autres se mettent en quête d’un photocopieur, outil indispensable et désormais très recherché sur le marché noir. L’un d’eux, un peu plus sanguin, pète les plombs : il tabasse le propriétaire d’une boutique, agacé par le sticker que le jeune venait de coller sur la grille. Il attire aussitôt les projecteurs de la police sur son groupe, qui fera dès lors l’objet d’une traque intensive…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Créé en 2008 par Pierre Maurel sous la forme d’un fanzine (6 fascicules agrafés sont « parus » entre 2008 et 2010), Blackbird met en abyme une histoire politique « d’anticipation » du fanzine. Au début de l’histoire, un groupe d’auteurs marginaux survit de ses créations autoéditées, dans un contexte social contemporain au notre… à la différence que les lois versent progressivement dans le totalitaire : la garde à vue peut durer 2 mois sans avocat, en autoéditant un fanzine on devient l’ennemi public n°1… De fait, ils entrent en clandestinité, et animés par l’énergie du désespoir, se retrouvent considérés comme de dangereux anarchistes subversifs. Cette ambiance plombante excessive – non dénuée de prosélytisme militant – fera écho, auprès de certains, aux excès de notre propre société actuelle. L’entrée en clandestinité et l’acharnement policier infernal que subissent nos protagonistes (sans nom ni prénom) rappelleront également, dans un autre registre, l’affaire du groupe de Tarnac. Désormais relié et édité chez un vrai éditeur (…indépendant, ouf !), l’histoire de Maurel brosse ainsi une flopée de thèmes politiques fascinants et interconnectés, liés au glissement vers une société répressive. Manifeste pour la liberté d’expression, mise en garde contre la censure, ce petit one-shot épais est aussi une dénonciation de la culture de masse, prémâchée et sans saveur. La narration graphique (un trait noir et blanc moderne, maitrisé) et le rythme induit (peut-être trop sage ?) se placent logiquement eux aussi en marge : ni dénués de savoir-faire, ni totalement captivant. Reste tout de même un bouquin intelligent qui interroge sur notre rapport aux livres, la liberté du verbe et les insidieux glissements vers l’autoritarisme…

voir la fiche officielle ISBN 9782930360355