I like short songs, bd chez L'employé du moi de Booger ©L'employé du moi édition 2011

I like short songs

Barnie, deux lycéennes et un pompiste vivent dans une banlieue ordinaire américaine. Dans cette réalité d'une banalité mortifère, les destins de ces quatre figurants vont se croiser au cours d'une virée infernale... Punk, brut et désespéré !

L'histoire : Une banlieue laide et glauque, d'un ennui mortifère : c'est là où vivent Barnie, geek-loser first-class, mal dans sa peau et pas très futé, deux lycéennes paumées fières de leur ignorance, et un pompiste sans ambition, David, qui doit nourrir sa famille. Leur quotidien, fait de bêtise et de déviance, est ancré dans l'ennui existentiel et l'errance. Résultat : ces marginaux nourris de mépris vont rapidement devenir plus ou moins fous. Tous ont en commun ce morne quotidien fait de frustration et de désœuvrement, d'une violence symbolique extrême. Hasard ou pas, ces quatre personnages déjà condamnés par le destin vont voir leurs chemins se croiser au cours d'un road-trip infernal, sorte de descente aux enfers dont le terme ne peut être que tragique. Au préalable, David, serial-killer en puissance habité par la haine, aura zigouillé toute sa famille à la carabine, histoire d'être plus libre ensuite. Barnie, lui, aura fait le mur. Quant à Lily et Emily, deux lycéennes plutôt portées sur le sexe et l'alcool et feignant de tapiner, ont préféré sécher les cours. Au gré des événements, le quatuor sociopathe se retrouve dans la camionnette de David. Après avoir menacé avec une carabine une caissière pour lui voler son argent, Barnie et les autres roulent sans but sur les routes américaines. Entre alcool, vengeance, abattement et drogues, ce road-trip sordide va prendre des allures de bad-trip dont on connaît déjà la fin...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :  Explorant les bas-fonds de nos vies et les tréfonds de l'âme, Olive Booger réalise là son premier long récit. Une BD sur le désenchantement de la jeunesse, l'éternel retour de la violence et l'ennui existentiel. Pour une première, l'exercice est parfaitement maîtrisé. Dans le sillage de Robert Crumb, Daniel Clowes ou même William Burroughs, l'auteur livre une œuvre radicale et réaliste, autant par sa forme que dans son propos. Grâce à un trait volontairement lourd et charbonneux, noir et suffocant, Olive Booger parvient à retranscrire avec justesse la désolation de ces vies sans perspective, en ménageant de longues séquences contemplatives et muettes, aussi noires qu'étouffantes. Avec un sens clinique de l'observation, aussi, il dépeint dans la première partie du livre des vies sans amour, figées dans une torpeur routinière. Puis après avoir solidement campé les personnages et le décor, l'auteur fait monter la tension crescendo jusqu'à la scène finale, le point de non-retour. Autre atout qui permet de rendre le message universel, le talent de Booger à brouiller le décorum en alternant mots anglais et mots français. Si bien qu'on ne sait plus vraiment où la scène se passe : évidemment aux Etats-Unis, mais peut-être aussi dans une banlieue française délabrée, ou ailleurs. Avec ce véritable ballet désespéré joué par des figurants aussi apathiques que frustrés, Booger réussit son coup en cartographiant la violence symbolique du quotidien. D'où une certaine lenteur du récit, flirtant avec l'inertie, évidemment adaptée ici. Alors oui, c'est de l'indé pas vraiment accessible au grand-public, mais pour le coup, I like short songs navigue dans l'excellence. Punk et no future : quand l'espoir disparaît, tout devient possible...

  • scénar dessin


20 décembre 2011



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I like short songs, bd chez L'employé du moi de Booger ©L'employé du moi édition 2011

22 novembre 2011

L'employé du moi

9782930360447

ado / adulte

Chronique sociale

scénariste
dessinateur
 

I like short songs série terminée en France
1 album paru, 1 prévu