parution 01 mai 2007  éditeur Les Humanoïdes Associés  Public ado / adulte  Thème Chronique sociale, Policier

Katharine Cornwell

Beauté froide, la comédienne Katharine Cornwell vit une tragédie intérieure permanente. Un bouleversant portrait de femme en noir et blanc, magistralement réalisé.


Katharine Cornwell, bd chez Les Humanoïdes Associés de Males
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

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    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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©Les Humanoïdes Associés édition 2007

L'histoire :

Dans l’Amérique des années 30, Katharine Cornwell est comédienne. Distinguée, appliquée, rigoureuse, elle a appris son métier auprès d’une grande professionnelle et elle semble aujourd’hui au faîte de son art. Elle vient en effet de décrocher le premier rôle dans une tragédie contemporaine qui lui tient à cœur. La pièce, « L’étrange intermède », est néanmoins austère et assez difficile d’accès. Katharine y incarne une femme qui hésite entre avoir un bébé mongolien anormal avec son époux, ou se faire faire un enfant par son amant. Or, le rôle a déjà interprété avec succès par une grande comédienne, 3 ans auparavant, et cette nouvelle version souffre évidemment d’une comparaison défavorable. Le public n’est pas au rendez-vous, la critique non plus. Surtout, l’entourage de Katharine lui reproche perpétuellement son caractère lisse, extrêmement froid et distant, dans la vie comme sur scène. Son ex-mari, un rustre débauché, a notamment demandé le divorce en raison de ce manque de connivence. Son partenaire de scène lui déclare sa flamme, mais Katharine le repousse avec courtoisie, sans montrer d’émotion particulière. Son compagnon actuel, journaliste, n’arrive pas non plus à percer sa carapace et semble s’en satisfaire. Quel rapport existe-t-il entre ce personnage incarné qu’elle ressent aux tréfonds de son âme, et le secret qu’elle contient de toutes ses forces ?

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

De prime abord, l’ouvrage ressemble à la pièce qu’il décrit : un noir et blanc très contrasté, un peu austère, rythmé par une forte densité de dialogues, qui s’étale sur 140 pages. Pourtant, la démonstration est magistrale, l’œuvre est magnifique. Auteur éminemment complet, Marc Malès réalise ici un poignant portrait de femme. Son sujet, Katharine Cornwell, est une beauté froide, insaisissable, que l’on prend au début pour une handicapée des sentiments. Une Carole Bouquet, ou une Bree dans la série US Desperate housewifes. Difficile, pense-t-on, d’incarner dans ces conditions un rôle aussi poignant que celui qu’elle a décroché. Pourtant, à travers l’écho de ses relations avec des personnages secondaires fort bien campés, on finit par partager le sentiment de son partenaire de scène, qui distingue toute la subtilité de son incarnation. Katharine cache un lourd secret, qui façonne sa carapace et la lie à son rôle. La thématique du « jeu de la vie » est forte et suscite un malaise croissant. Sans sensationnalisme déplacé, Malès fait habilement monter l’intensité. Désarmés par le poids du secret dévoilé, on suit une déchéance inéluctable et bouleversante. Les dialogues sont soignés, le récit est superbement construit, faisant adhérer en permanence le propos au traitement graphique. En fonction de la gravité des séquences, Malès gère ainsi la pudeur nécessaire en baignant les visages dans l’obscurité. A de nombreux autres moments, il utilise des macro-plans, de biais, pour imposer tel ou tel caractère à la face du lecteur. Dans ces rapports tourmentés et perpétuellement tendus, les jeux de contrastes et les variations de distances, les cadrages et le « rendu des blancs » génèrent l’atmosphère idoine. On adhère ou non à ce style graphique réaliste : les encrages sont prononcés, parfois volontairement aux dépends du détail. Mais à tous points de vue, le dessinateur est ici au sommet de son art.

voir la fiche officielle ISBN 9782731619195