parution 03 février 2011  éditeur Manolosanctis  collection Karma
 Public ado / adulte  Thème Anticipation, Horreur, Thriller

La Traversée

A travers un monde post-apocalyptique sordide, un homme marche vers le sud pour retrouver sa famille, accompagné d’une fillette. Un road-trip largement inspiré par la route de McCarthy : juste et profond, mais un peu court…


La Traversée, bd chez Manolosanctis de Royer
  • Notre note Yellow Star Grey Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Grey Star Grey Star Grey Star

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    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Manolosanctis édition 2011

L'histoire :

Un homme, la quarantaine, lunettes noires, T-shirt marcel, marche seul en suivant vaguement une route dans un paysage dévasté, désertique. Il est visiblement un survivant d’une apocalypse particulièrement meurtrière. Il pique sa radio au squelette d’une carcasse de voiture. Celle-ci émet une sorte d’appel au secours. L’homme repart. Il arrive auprès d’une fermette isolée. Un chien est en train de ronger le cadavre frais d’un homme. A l’intérieur, il trouve le poste de CB amateur d’où provenait l’appel. Il est apparemment arrivé trop tard, et il doit rester sur ses gardes. Dehors, une corde le mène à une trappe, sous laquelle il trouve une cachette, aménagée pour subsister longtemps. Une fillette apeurée s’y trouve, elle s’appelle Ann. L’homme se présente, Glenn, et la rassure : elle sera en sécurité avec lui. Sitôt remontés dehors, ils aperçoivent le nuage de fumée d’une voiture en approche. Ils se planquent. En un coup de crosse et un coup de fusil, Glenn s’est débarrassé de cette menace. Ils repartent, à pied, en suivant la route. Chemin faisant, l’homme lui explique qu’il veut retrouver sa femme et sa fille, qui étaient dans le sud au moment de la catastrophe…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Il y a toujours une forme de jubilation dans la mise en place d’une ère post-apocalyptique… L’envie de faire table rase des perversions de notre époque ? Le champ infini des possibles à rebâtir ? Dans la Traversée, peu importent les causes, seules restent les conséquences, particulièrement sordides. L’humanité dans sa grande majorité a perdu toute forme de salubrité et s’adonne à ses plus vils instincts : exterminer son prochain pour tirer vers soi le peu qu’il reste. L’homme et la fillette font tâche dans ce contexte : lui a pour ligne de mire de retrouver sa famille ; et néanmoins, il met sa vie – et donc son objectif – en péril pour s’opposer à l’injustice. L’auteur, Jérémie Royer, s’inspire ici largement du roman La route de McCarthy. Il en puise non seulement le contexte, mais aussi la métaphore (l’homme s’autodétruit), voire encore la transmission des valeurs (l’humanisme doit surnager) et en puise la philosophie de quête impossible (le mythe de Sisyphe). Le propos est louable… mais en dehors de l’hommage à McCarthy, un peu court ! Le récit prend certes le temps d’être limpide, son rythme narratif est très lent, les dialogues chiches et les cases dépouillées montrant des panoramas dévastés et désertiques, s’inscrivent dans une lecture très contemplative… C’est très exactement ce qu’on attendait d’un récit post-apocalyptique… mais ça se lit vite, très vite, et on reste largement sur sa faim. Ça serait le premier tome d’une longue série, ça serait chouette ! ( ?) Royer fait toutefois ici la juste approche d’un récit post-apocalyptique et met un premier pas très prometteur dans le monde du 9e art.

voir la fiche officielle ISBN 9782359760149