parution 10 novembre 2018  éditeur Rackham  Public ado / adulte  Thème Historique

La Langue du diable

Un simple pêcheur se revendique gouverneur d’un îlot volcanique soudainement apparu au milieu de la Méditerranée, parce qu’il est le premier à y avoir posé pied. Une fable sur la futilité de la propriété, tissée sur une anecdote authentique.


La Langue du diable, bd chez Rackham de Ferraris
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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©Rackham édition 2018

L'histoire :

Juillet 1831. Salvatore est un pêcheur sicilien humble et analphabète. Il habite avec son jeune frère Vincenzo dans une cabane située sur le littoral rocailleux qui fait face à la Méditerranée. Il est complexé et aigri par sa condition miséreuse et son ignorance, qui l’empêchent de courtiser Antonia, la fille d’un notable du village. Il envoie néanmoins Vincenzo s’instruire chez elle, à la fois pour que ce dernier acquiert quelque compétence utile, mais aussi dans l’optique qu’il porte des messages à Antonia… ce que Vincenzo ne fait pas. Alors par dépit, Salvatore se saoule parfois au-delà du raisonnable. Mais un jour, alors qu’avec son frère, il relève des filets de pêche étrangement vides de tout poisson, ils sont surpris par une sorte de geyser, des explosions venus de dessous les flots et une énorme vague retourne leur embarcation. Un volcan est en train d’entrer en éruption, faisant sortir de la surface un monticule, des coulées de lave et d’épaisses fumerolles noires. Ils se retrouvent tous deux vivants sur leur littoral, sans trop savoir comment… mais leur barque est en ruine, après avoir violemment percuté les rochers. Dès le lendemain, un scientifique lui propose une forte somme d’argent (10 tournois !) pour se faire conduire jusqu’au volcan, afin de l’étudier de plus près. Initialement, Salvatore refuse. Mais après réflexion – il a besoin d’une nouvelle barque ! – et voyant là un moyen de briller aux yeux d’Antonia, il accepte. Emporté par son héroïsme, Salvatore va même faire plus qu’approcher l’île…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

C’est un fait historique et volcanologique avéré : en décembre 1831, un volcan jaillit de la Méditerranée, à une vingtaine de km des côtes sud de la Sicile, formant une île éphémère. Pour la légitimité de sa possession, les puissances de l’époque – France, Angleterre, Italie – se la disputèrent un temps... Aujourd’hui, cette « île » baptisée « Ferdinandea » se trouve toujours endormie par 8 mètres de profondeur, en attendant la prochaine éruption. C’est l’histoire romancée de l’éruption de 1831 que propose aujourd’hui l’auteur italien Andrea Ferraris au sein de cet épais roman graphique en noir et blanc. Le récit se dévoile à travers un dessin stylisé, crayonné et charbonneux aussi austère qu’abouti. Le personnage de Salvatore, un humble pêcheur désabusé, mène les débats. Il vit dans le dénuement matériel et culturel et n’attend plus rien de la vie… à part cet évènement providentiel. On peut apprécier cette histoire comme la simple retranscription d’une anecdote historique et géologique méconnue. On peut surtout y voir une fable sur la vanité de la gloire et de la possession. Car la gloire de Salvatore, c’est de pouvoir revendiquer la gouvernance de cet îlot, de cette excroissance anarchique de lave sans intérêt, parce qu’il est le premier à y avoir posé le pied et à en avoir rapporté un échantillon. Car si les pays alentours se disputent cette terre, c’est bien que l’intérêt de sa possession doit être supérieur. Or lorsque l’îlot disparait – tout comme son amoureuse disparaît – quel sens donner à sa vie ? La volcanologie au service de la philosophie...

voir la fiche officielle ISBN 9782878272291