parution 02 octobre 2013  éditeur Sarbacane  Public ado / adulte  Thème Policier, Chronique sociale

L' Astragale

En cavale et blessée à la cheville, Anne, 19 ans, rencontre Julien, un ex-détenu. Elle l’aimera éperdument… malgré la douleur de ses absences. Une adaptation sensible et réussie du roman éponyme d’Albertine Sarrazin.


L'Astragale, bd chez Sarbacane de Pandolfo, Sarrazin, Risbjerg
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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©Sarbacane édition 2013

L'histoire :

Anne vient de franchir le haut mur de la prison-école de Doullens. Elle est face contre terre, le nez piqué de ronces et sa cheville probablement cassée contraint son pied et sa jambe à former un angle droit. Douloureusement, dans la nuit opaque, elle parvient à se hisser jusqu’à la route de Paris. D’abord, ce sont les phares d’un camion qui accrochent sa silhouette. Mais le chauffeur comprenant que cet oiseau est tombé d’un drôle de nid préfère céder son tour au suivant. Le suivant fait moins d’histoires, il s’appelle Julien. Sans mot dire, il agrippe ce petit sac de plumes pour le confier, le temps qu’il s’organise, à un lit de mousse humide et à la protection de la forêt. Son pied lui fait terriblement mal, mais Anne ne regrette pas ce qu’elle a fait. Surtout, elle s’impatiente de retrouver Rolande qui l’attend à Paris. Celle-là c’est un peu son amoureuse. Elle, elle a eu la chance d’être libérée. Depuis, Anne a vécu avec la certitude de ne pas rester plus longtemps enfermée. Ah ! Si seulement sa cheville ne s’était pas brisée. Julien ne l’a pas oubliée. Lui qui revient bientôt avec une moto, une bouteille de rhum blanc, des clopes et une bande Velpeau®. Plus tard dans la nuit, ils arrivent dans une petite bâtisse blottie au fond des bois. Ils sont chez la mère de Julien. Cette dernière ne pose pas de question. Anne tremble, souffre et se couche dans une chambre d’enfants. Julien, quant à lui, disparaît. Pour plusieurs nuits. Et pas pour la dernière fois…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Après nous avoir particulièrement séduits avec Mine, une vie de chat, Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risberg se glissent dans un roman d’Albertine Sarrazin publié en 1965. On y retrouve Anne, une jeune femme en cavale qui traîne un os de la cheville brisé (l’astragale…) comme compagnon d’infortune. Et qui surtout tombe (littéralement) sous les roues de Julien, un petit voyou. Planques, rencontres savoureuses et drôles de zigotos, hosto et flicaille, passes et fric, clopes et bibines rythment se cache-cache en forme d’appel d’air vers la liberté. Mais surtout, ils construisent peu à peu, à fleur de pages, une relation amoureuse aussi furieuse que cruelle et compliquée. Un amour qui tenaille Anne, la ballote de chambres sordides en clients aimants ou libidineux, ou la fait se fondre dans la chaleur de son Julien. Puis, cruellement, qui la gifle de son absence. Anne n’a plus d’autre ambition que de mettre un peu d’argent à l’abris pour être heureuse, être aimée et aimer… En 224 pages, l’adaptation proposée force le respect au regard d’abord de la place joliment faite au texte original d’Albertine Sarrazin. Sa force unique, son claquement aussi sensible que drôle ou douloureux semblent entortiller à lui seul le tempo. Le récit se laisse alors du temps. Le temps de rendre inéluctablement attachant cette petite frimousse pointue, ces grands yeux noirs, ce filet de lèvres tantôt douloureusement clôt ou pris de furieux mouvements. Le temps aussi de nous faire toucher la complexité de cette rencontre et de ses enjeux. Difficile alors de ne pas résister à cette déferlante brûlante de vie et d’envie, pourtant frustrée par une société (les années 50) qui attend 1968 pour se réveiller un peu. On ne reste donc pas indifférent à cette belle invitation de découvrir la courte autobiographie d’une auteure disparue prématurément (L’Astragale écrit en prison, sera le premier récit, suivi très rapidement par La Cavale et La Traversière). Qui plus est, parce qu’elle s’accompagne d’un dessin qui met habilement en scène amour, douleur et émotion. Un dessin qui est à la fois capable de se taire ou de prendre le relais des silences du texte avec une parfaite sensibilité. De quoi donner très envie, en tout cas, de plonger dans les romans originaux.

voir la fiche officielle ISBN 9782848656427