parution 07 mars 2018  éditeur Soleil  collection Soleil Celtic
 Public ado / adulte  Thème Historique

Mémoires d'un paysan Bas-Breton T2

Le Soldat

Jean-Marie Duéguignet continue de narrer ses aventures autobiographiques, dans une Bretagne en proie au développement agricole et industriel, dans laquelle subsistent des idées traditionnelles qui ne lui conviennent pas vraiment.


 Mémoires d'un paysan Bas-Breton T2 : Le Soldat (0), bd chez Soleil de Betbeder, Babonneau, Gonzalbo
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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©Soleil édition 2018

L'histoire :

Après un court séjour à l’hospice, dont il est rapidement renvoyé, Jean-Marie Duéguignet retrouve son logis de Quimper, que ses logeurs ont vidé suite à l’incendie qu’il y avait provoqué. Et malgré l’interdiction d’en sortir, le vieil homme reprend, à la lueur de bougies, son récit arrêté à l’âge de ses 17 ans. C’est à cette époque, dans son canton de Ergué-Gabéric, qu’il fait la rencontre d’un professeur d’agriculture, qui le prend sous son aile et le fait embaucher comme gardien de vaches, d’un genre nouveau, puisqu’ici, les bovidés restent souvent à l’abri en étant bien nourries, plutôt que de devoir aller chercher leur pitance dans les près désolés. Toujours en quête d’apprentissage, le jeune vacher découvre alors, et fait également découvrir aux élèves de l’établissement agricole voisin, les bienfaits de l’agriculture moderne, alors que le fil télégraphique s’installe au bord des routes, en attendant le chemin de fer, attirant toujours plus encore sa soif de connaissances scientifiques. Mais plutôt que de reprendre la place de l’ancien journalier de la ferme, le jeune Jean-Marie préfère contracter un engagement dans l’armée, afin de s’instruire, encore et toujours, et surtout quitter sa Bretagne natale pour aller voir du pays. Considéré apte, malgré sa minuscule taille, il est incorporé au 37e Régiment d’infanterie de ligne de Lorient, quittant ses parents qu’il ne devait plus jamais revoir, avant de se porter volontaire pour la campagne de Crimée, où la France mène le siège de Sébastopol. C’est là, lors de l’assaut victorieux de la tour de Malakoff, qu’il fait la rencontre d’un caporal-chef érudit, qui ne manquera pas de répondre à toutes ses questions et ainsi continuer à parfaire ses connaissances intellectuelles. A l’époque, le scorbut, la dysenterie et le typhus déciment les troupes, plus encore que l’ennemi. Rescapé et miraculé de la maladie, le jeune soldat est ensuite nommé chez les voltigeurs, lors de la Campagne d’Italie, où il gravit les échelons jusqu’au grade de sergent. Mais son retour au pays, après 7 années de service, s’avèrera difficile. Dans cette région, on a du mal à croire qu’un ancien mendiant puisse être devenu sous-officier et surtout qu’il préfère reprendre une vie austère d’ouvrier agricole à celle, nettement plus confortable de sous-officier. Alors, face à l’entêtement de ses concitoyens, à l’âge de 28 ans, il rempile pour la campagne d’Afrique qui, en 1862, le mène en Kabylie où la population se soulève face à l’empire colonial. Là-bas, entre escarmouche, massacre et vengeance gratuite, Jean-Marie continue l’apprentissage de sa vie, loin d’imaginer le peu d’honneur qui lui sera fait en tant qu’ancien combattant…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Avec cette suite de l’autobiographie de Jean-Marie Déguignet, le scénariste Stéphane Betbeder continue de nous faire découvrir cet anti-héro, de plus en plus anticonformiste et anticlérical, dans une région toujours autant ancrée de traditionalisme comme pouvait l’être la Bretagne au XIXème siècle. Sous les crayons de Christophe Babonneau fins et les couleurs subtiles d’Alex Gonzalbo, nous repartons alors pour une nouvelle immersion dans les campagnes pluvieuses et gadouilleuses du Finistère, avant de partir en expédition en Crimée, puis au Maghreb. Mais de son canton de Ergué-Gabéric jusqu’aux confins des gorges de Takitoun, l’auteur de sa propre histoire ne manque jamais de nous dévoiler son combat contre les idées reçues, et particulièrement celles éduquées par la religion catholique. Et lui, qui « comme tous les paysans ignorants, considérait son monde comme étant l’univers entier », n’aura de cesse de s’enrichir de ses rencontres, comme celle de son caporal-chef de Sébastopol, qui fut à ses dires, « le premier homme véritablement digne de ce nom » qu’il rencontra et qu’aucun autre ne parvint à surpasser plus tard, « car il lui avait communiqué l’étincelle de la pensée et de la réflexion, qui fait de l’homme un être supérieur à tous ses confères terrestres. » À nous alors, du haut de notre XXIème siècle fleurissant et de notre éducation laïque et opulente, de réfléchir aux pensées véritablement avant-gardiste de ce petit paysan breton, écrite il y a plus de 100 ans, et qui avec sagesse écrivait, « un malheureux qui a du savoir est doublement malheureux… »

voir la fiche officielle ISBN 9782302068490