Scotland yard T1 : Au cœur des ténèbres (0), bd chez Soleil de Dobbs, Perger ©Soleil édition 2012

Scotland yard T1

Au cœur des ténèbres

Un inspecteur de Scotland Yard intègre une cellule parallèle d'investigations, qui enquête sur deux tueurs déments échappés dans Londres. Une première partie de diptyque artistiquement somptueuse et glauque à souhait !

L'histoire : Londres, 1890. Quelques jours après qu'une prisonnière se soit pendue dans la prison de Newgate, l'inspecteur Tobias Gregson de Scotland Yard s'étonne de devoir escorter un curieux transfert de prisonniers. Murdstone le faussaire se retrouve en effet dans le même fourgon que Carfax et Renfield, deux assassins monstrueux. Or le convoi est attaqué, Gregson et son coéquipier Bradstreet sont violemment neutralisés. Quand Gregson se réveille dans une chambre d'hôpital, on lui apprend que Bradstreet a eu la nuque brisée et que les deux monstres se sont échappés, après avoir tué Murdstone. Evidemment, la presse s'insurge et réclame une démission. L'inspecteur Lestrade, supérieur de Gregson, le sermonne donc vigoureusement... et l'envoie rejoindre une équipe d'enquêteurs psychiatres dans les caves de l'institut. Le docteur Seward et Mlle Clerval travaillent dans cet endroit, qui ressemble à un petit musée des horreurs. Ils proposent à Gregson de remonter à leur manière la piste de Carfax et Renfield. La piste qu'ils suivent est celle d'un gamin qui a participé au guet-apens, un dénommé Wiggins, ancien informateur de Sherlock Holmes. Celui-ci fait partie de la bande du professeur Moriarty et du colonel Moran, qui contrôlent la pègre londonienne...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :  Dobbs, alias Olivier Dobremel, semble avoir pris un abonnement au sein de la collection 1800 de Soleil. Comme le titre n'en fait pas vraiment mystère, il scénarise ici un nouveau diptyque satisfaisant aux canons du thriller victorien, option crimes sordides et tueurs psychopathes. Le héros est en effet un inspecteur de Scotland Yard déchu, qui intègre une cellule d'investigations aux méthodes un brin décalées. Leur enquête va chercher à neutraliser deux meurtriers déments récemment évadés, le plus rapidement possible car les cadavres s'accumulent. La bonne idée de Dobbs, c'est de convoquer pour cela différents seconds couteaux de la mythologie victorienne, en évitant astucieusement de recourir aux cadors du registre (Sherlock Holmes, Jack l'éventreur...). Le docteur Seward sort de Dracula, Lestrade, Moriarty et Moran ont été créés par Conan Doyle... On croise même Bram Stoker qui parle de Phileas Fogg ! Et comme s'il cherchait à consolider son petit univers, Dobbs redonne également un rôle important à la psychiatre Faustine Clerval, personnage central de son récent Mister Hyde contre Frankenstein. L'autre bonne idée, c'est de s'appuyer sur les talents artistiques de Stéphane Perger, dont l'exquis lavis et les superbes aquarelles semblent avoir été précisément mis au point pour dessiner les bas-fonds londoniens et leur glauquitude. A partir de savantes ambiances de couleurs, Perger restitue les blancs comme personne et utilise à merveille l'humidité de ses pinceaux pour créer des effets éthérés angoissants, des « accidents » de reflets somptueux. Bref, voilà un excellent début de diptyque, au sein d'une collection qui se bonifie...

  • scénar dessin


5 juillet 2012



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les avis des terriens

  • Brumes mentales 6 août 2013

    Tout dans cet ouvrage nous plonge dans les ténèbres victoriennes. Tant le graphisme que la disposition non académique rendent le contenu saisissant et prenant. Quant aux histoires elles-mêmes, tout simplement haletantes, on en redemande !

    Jerome

  • Bofland Yard 17 juillet 2012

    Disons-le tout de suite, cet album m'a déçu. Ce qui m'a dérangé à la lecture de cet album c'est le manque de profondeur des personnages et de l'univers. Les méchants sont des fous et sont méchants parce qu'ils sont fous. Ça ne va pas plus loin. Le gentil policier est un héros et donc il enquête. C'est tout. Ne lui demandez pas ses sentiments. Faustine est une jeune femme fort ingénue qui se jette dans la gueule du loup et bien sûr il faudra la sauver. Hyper classique. En outre cette histoire aurait pu se passer à n'importe quelle époque. En début d'album il y a des remerciements, on voit que le scénariste s'est documenté sur Scotland Yard. A la lecture, ça ne ressort pas. De simples batailles d'égo mais rien de profond qui permettrait d'entrevoir les rouages de cette institution. Reste le fan-service : Quelques phrases disséminées dans l'album avec des mots-clés : Moriarty, Sherlock Holmes, Jack L'éventreur... mais ne cherchez point d'incidence sur l'histoire de la part de ces personnages. Ils sont là pour le décorum et c'est tout ! Le dessin est de qualité, c'est ce qui sauve l'album. Mais souvent les dialogues sont très courts. Du coup on ne reste pas sur les planches. On attend qu'il se passe quelque chose de vraiment fort, de l'inventivité, du jamais vu, on tourne les pages et on ressort avec un sentiment de déjà vu... déjà oublié.

    Hugo


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 Scotland yard T1 : Au cœur des ténèbres (0), bd chez Soleil de Dobbs, Perger ©Soleil édition 2012

11 juillet 2012

Soleil

1800

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9782302023390

ado / adulte

Historique, Policier

Scotland yard série terminée en France
2 albums parus, 2 prévus
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