parution 01 janvier 2008  éditeur Vents d'Ouest  collection Integra
 Public ado / adulte  Thème Chronique sociale

Les funérailles de Luce

En vacances chez son papi, Luce est la seule à voir parfois passer un couple très inquiétant... Une fable simple et poignante sur la découverte du sens de la mort par une innocente petite fille.


Les funérailles de Luce, bd chez Vents d'Ouest de Springer
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Vents d'Ouest édition 2008

L'histoire :

Luce, 6 ans, se réveille. Elle se lave, s’habille, prépare toute seule son petit-déjeuner et enfile son drôle de chapeau. Puis elle prend son panier et s’en va dehors, dans le jardin potager, où elle retrouve son papi chez qui elle passe des vacances. Tandis qu’elle court ramasser les œufs, ce dernier termine de préparer le gros des légumes qu’ils s’en vont, tous deux, vendre au marché. Installés parmi d’autres maraîchers, tandis que le papi discute avec la gentille madame Roserin, Luce est intriguée par deux passants pour le moins inquiétants : un grand noir tout nu et une petite fille voilée qui tient une boîte sous le bras. Bizarrement, Luce est la seule à les remarquer… et elle ne dit rien. A la fin du marché, le papi et Luce s’en vont déjeuner au bistro, où le papi retrouve Roger et Simon, deux camarades de tiercé. Au terme du repas, le papi ramène Simon en voiture jusque chez lui. Les jours s’égrainent ainsi, entre légumes et tiercés, paisiblement. Souvent, Luce voit passer dans l’entourage le grand noir et la petite fille. Et puis un jour, on annonce que Simon est mort. Il s’est suicidé en avalant un plein bol de médicaments…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Jusqu’alors uniquement dessinateur, Benoît Springer fait avec ce one-shot poignant une entrée fracassante dans le monde des « auteurs complets ». Narrativement, Springer fait coup double. Primo, à l’instar des petits ruisseaux de Pascal Rabaté, il porte un regard nouveau et plein de tendresse sur le troisième âge. Secundo, il offre un récit initiatique sur la découverte de la mort par une petite fille. Luce incarne la jeunesse, la fraîcheur, l’innocence même, la vie… Une vitalité néanmoins terriblement éphémère, à en croire la quantité de vieux qui l’entourent. Le récit n’est donc guère optimiste… mais bon, on se sait tous condamnés à plus ou moins long terme. « Maintenant ou plus tard, c’est pareil. On doit tous y passer un jour ». Springer parvient néanmoins à saisir la futilité de l’existence et la nécessité d’être heureux, maintenant. Pour cela, sa lente mise en scène en noir et blanc alterne tantôt des plans séquences en « caméra fixe », pour bien cerner les aspects lénifiants du quotidien. En ce sens, la scène du chat qui bouffe sa gamelle (deux planches !), tandis que l‘occupation du protagoniste en arrière-plan devient secondaire, est très habile et incroyablement réaliste. Puis à d’autre moment, pour aborder ce vide étourdissant et angoissant de la mort, il fait appel à un couple aussi bizarre qu’inquiétant. La grande faucheuse de Luce prend l’apparence d’un grand noir tout nu avec des dreadlocks tenant par la main une petite fille voilée qui porte une boîte. A chaque décès, ce couple sinistre enferme une cocotte en papier dans la boîte. Baroque, dites-vous ? Parce que vous savez, vous, ça fait quoi quand on est mort ?

voir la fiche officielle ISBN 9782749303581