parution 14 décembre 2011  éditeur La boîte à bulles  collection Contre-coeur
 Public adulte  Thème Chronique sociale, Independant

A.D.

La Nouvelle-Orléans après le déluge

28 août 2005 : l'ouragan Katrina, avec des vents dépassant les 250km/h, fait presque table rase de La Nouvelle-Orléans et ravage la Louisiane ou le Mississippi. Une catastrophe "naturelle" doublée d'une catastrophe sociale. Vertigineux.


A.D. : La Nouvelle-Orléans après le déluge (0), comics chez La boîte à bulles de Neufeld
  • Notre note Blue Star Blue Star Blue Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Blue Star Blue Star Blue Star Grey Star

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  • dessin Blue Star Blue Star Blue Star Grey Star

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©La boîte à bulles édition 2011

L'histoire :

28 août 2005 : l'ouragan Katrina frappe la Nouvelle-Orléans, ville de Louisiane, avec des vagues de 11 mètres et des vents dépassant les 250km/h. Bilan : la partie est de la ville a été en partie détruite, des milliers de personnes évacuées vers les Etats du nord. Le bilan humain, lui, est aussi très lourd : officiellement, ce sont pas moins de 1836 personnes qui auraient trouvé la mort. Après ce qu'il convient d'appeler un déluge, véritable catastrophe naturelle, économique et sociale, l'auteur Josh Neufeld a retracé l'itinéraire de sept habitants de la ville qui ont survécu à la catastrophe, avec des destins divers. Léo dont la maison a été inondée, a perdu sa collection de comics riche de plus de 15 000 titres, Abbas et Darnell, qui tenaient une supérette dans le quartier d'Uptown ont préféré affronter la tempête dans leur magasin (ce sera "comme dans "Survivor"), tout comme Brobson, médecin et notable local qui préfère organiser une petite fête le jour de l'ouragan. En revanche, Denise ou Kvame préféreront s'éloigner. Pendant l'événement, le gouvernement semble dépassé par l'ampleur de la catastrophe, peinant à réagir rapidement : pillages, manque de place pour loger ou soigner tout le monde, populations en souffrance. Les habitants qui le peuvent fuiront au nord, d'autres se réfugieront sur les toits, dans les parcs ou les stades. Des centaines de magasins ou maisons auront été pillés, des familles abandonnées à leur triste sort. Scènes d'apocalypse. Après le déluge, certains se sont relogés ailleurs, d'autres ont préféré rester pour reconstruire. Une chose est sûre : tous en sortiront marqués, et pour longtemps...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Qui ne se souvient pas de ces scènes hallucinantes montrant des cadavres flottant dans la rues de la Nouvelle-Orléans, des magasins pillés, des populations abandonnées, sans médicaments ou nourriture sur le toit des maisons ? Ambiance apocalyptique, climat latent de guerre civile, scènes de déluge complètement surréalistes au cœur de la première puissance mondiale. En nous plongeant au cœur du drame, c'est cette dernière grande catastrophe naturelle, économique et sociale des Etats-Unis qu'a choisi de raconter l'auteur Josh Neufeld à travers les destins croisés de Denise, Léo, Michelle, Kwame ou Abbas. En découpant son récit en cinq chapitres chronologiques (tempête, ville, inondation, diaspora et retour), l'auteur narre pas à pas la lente montée des eaux, la catastrophe et ses conséquences. Finement mené et jamais ennuyeux, variant les couleurs selon les personnages et les situations, A.D. vaut surtout pour son message : Katrina a révélé au grand jour les fragilités de la seule superpuissance mondiale. Le cataclysme a en effet révélé l'insuffisance et la faiblesse des structures de protection pour les plus pauvres, le manque de réactivité d'un gouvernement dépassé et, le plus cruel, l'absence de réelle volonté politique de venir rapidement en aide aux plus démunis (souvent les Afro-américains dans le cas de La Nouvelle-Orléans). A travers ces témoignages, le récit fait aussi ressurgir les vieux démons (pas si anciens d'ailleurs) d'un pays où la ségrégation était encore légale au début des années 1950. Peut-être le plus choquant dans l'affaire. D'où un petit reproche : par souci d'objectivité et de respect à l'égard des faits bruts et des témoignages, Neufeld préfère laisser parler les acteurs ou victimes plutôt que de prendre clairement position (contrairement à Joe Sacco par exemple), peinant ainsi à dépasser les simples descriptions de désolation ou de déluge, un peu scolaires. Le récit y aurait sans doute gagner en intensité. Malgré ce refus de jugement critique, reste un très beau roman graphique, captivant, instructif et forcément nécessaire. Presque un travail de mémoire. Une belle réussite.

ISBN 9782849531303