The Boys T17 : Le fils du boulanger (0), comics chez Panini Comics de Ennis, Robertson, Aviña ©Panini Comics édition 2013

The Boys T17

Le fils du boulanger

Bill revient sur son passé et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est très animé ! Un flash-back biographique pétri de main de maître !

L'histoire : Bill Butcher rend visite à son père… décédé et apprêté dans le cercueil. Bill prend bien le temps de tout raconter son passé et sa relation avec son père. Il démarre sur son enfance en Angleterre dans le quartier d’East End à Londres et se souvient de chaque détail : son père était un boulanger violent et craint de tous. Il n’aimait pas tant que battre sa femme Carole, une femme adorable et sensible qui se laissait maltraiter sans sourciller. Bill et son frère Lenny se ronge les sangs en entendant les violentes disputes entre leurs parents et ne peuvent rien faire. Bill tourne mal à l’école et ne cesse d’utiliser la violence contre ses camarades et se montre insolent envers les adultes. Lors d’une violente bagarre contre un camarade de classe, Bill explose et frappe son professeur d’EPS. Il est exclu de l’école. Empli de haine, Bill est déterminé à assassiner son père, ne supportant plus de l’entendre battre sa mère. Lenny le voit prendre un couteau de cuisine et tente de s’interposer pour l’empêcher de briser toute la famille. Bill se fait une raison et décide de s’engager dans les Marines… peu avant la guerre des Malouines !

Ce qu'on en pense sur la planète BD :  Il faut bien dire ce qui est, et c’est assez rare pour le souligner, mais certaines séries se bonifient d’épisode en épisode et c’est le cas dans The Boys. Après avoir expliqué la naissance de la section des P’tits Gars dans le précédent volet, Garth Ennis développe l’origine de son chef charismatique Bill Butcher dans cet opus. Une pratique prisée par le scénariste qui aime mettre le récit en pause et revenir sur le passé de ses personnages phares : le procédé est le même dans le 4ème tome de Preacher. Comme à son habitude, Ennis ne fait pas dans la dentelle et on comprend très vite pourquoi Bill se nomme le boucher ! Dès le départ, l’histoire est sordide et les personnages repoussants. Le quartier de l’East End (le fameux quartier de Jack l’Eventreur !) cache en son sein l’antre du diable, une boulangerie où traînent les cafards et où le boulanger est une véritable ordure. Dans un récit intimiste et profond, Ennis choque d’emblée en imaginant une situation de communication bien particulière : Bill parle à son père de son passé en lui crachant ses vérités au visage sauf qu’il n’obtiendra aucune réponse puisque son père est un cadavre ! En guise de biographie, Ennis revient sur tout un pan de l’histoire anglaise : la misère sociale, le SAS (Special Air Service), la guerre dans les Malouines, la politique de Margaret Tatcher… Le tout vu sous l’œil d’un homme simple broyé par la société et l’armée. La force du récit est de présenter des grandes vérités historiques en montrant la réalité des petites gens, leurs souffrances et leurs colères, leurs doutes et leurs failles. Garth est en forme dans cet épisode et multiplie allègrement les genres, passant joyeusement d’une scène de bataille à une histoire d’amour, d’une leçon de sociologie à des blagues douteuses, d’un débat politique à une discussion de famille, d’un enterrement à une nuit d’amour… On ne s’ennuie pas un seconde en suivant le triste destin de Bill Butcher, homme violent qui ne sait jouer que du poing et qui reproduit finalement les même schémas que son père. Le scénariste retrouve son talent quand il décrit l’histoire d’un homme en proie à ses faiblesses face à la grande histoire qui le broie (ou plutôt qui lui brise les coucougnettes). Dans un patchwork d’actions et de pauses, d’émotions et de sang, de réflexions et de moments festifs, Ennis montre la vie telle qu’elle est, dans toute sa beauté et sa laideur. Admirez la magnifique description de l’amour à travers la relation entre Bill et Becky, la violence de l’armée, la soif de vengeance, la révélation terrifiante du journal intime de Becky… Le tout dans un langage ordurier mais vrai, vulgaire mais authentique. Garth sait tout faire et il n’a jamais été aussi bon que quand il fait tout en même temps, bien loin des débuts décérébrés (et jouissif) de The Boys. Ajouté à tout cela un dessin de Darick Roberston bien plus détaillé et efficace que ces derniers temps et vous obtiendrez un « super » moment (sans la présence… ou presque de supers slips). Le fils du boulanger va vous en foutre plein la gueule… et putain ce que c’est bon !

  • scénar dessin


26 février 2013



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The Boys T17 : Le fils du boulanger (0), comics chez Panini Comics de Ennis, Robertson, Aviña ©Panini Comics édition 2013

20 février 2013

Panini Comics

100% Fusion Comics

9782809428636

adulte

Fantastique - Etrange, Guerre, Humour, Politique

Super-héros