parution 25 janvier 2012  éditeur Tanibis  Public ado / adulte  Thème Chronique sociale, Mondes décalés Independant

Le bus T1

Le bus grossit, accouche, se transforme, fait l’amour et mène sa propre existence dans des villes américaines ordinaires. Au milieu, un passager (ou le lecteur ?). Une étonnante invitation au voyage, en forme de déclaration d’amour au bus et à la BD !


Le bus T1, comics chez Tanibis de Kirchner
  • Notre note Blue Star Blue Star Blue Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Blue Star Blue Star Blue Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Blue Star Blue Star Blue Star Blue Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Tanibis édition 2012

L'histoire :

Tout commence avec une pluie de bus, lancés tels des météorites dans l’espace. Dans une de ces carcasses de fer au style yankee, un usager ordinaire, peut-être un homme d’affaire quarantenaire, tonsure et lunettes, est en train de lire son habituel journal. Croyant emprunter un bus ordinaire, l’homme va en fait être confronté à des situations bizarroïdes, des surprises perpétuelles pour un voyage hors du temps : une inondation noie une ville, mais un usager, imperturbable et concentré, monte dans un bus qui roule sur l’eau. Ailleurs, le bus est une vedette du cinéma qui a joué dans les plus grands films : Ben Hur, Robinson Crusoé, l’Enfer du Pacifique, La chevauchée Fantastique… Customisé, confortable, avec des formes sexy et généreuses, le bus se reproduit, se marie, mange, fait des enfants, s’instruit comme un parfait petit humain. Plus tard, il se fait renverser par une grand-mère, des plantes poussent sur les banquettes arrière et des insectes le digèrent. L’engin est aussi philosophe, s’interrogeant sur des questions existentielles comme le libre-arbitre ou la prédestination (eh oui, le bus fait un trajet circulaire et revient toujours au même point !), se questionne sur les droits de l’individu ou les besoins de la société à un carrefour. C’est donc parti pour un voyage à la fois loufoque et surréaliste, absurde et comique aux frontières du sens, de l’espace et du temps. Attention, l'extraordinaire pourra surgir à tout instant... C’est sûr, « les bus ne sont pas près de disparaître » !

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Prendre le bus, c’est s’agacer, être comprimé, manquer de place, prendre du retard, suer à grosses gouttes… mais avec Paul Kirchner, cela pourrait bien changer ! Publié sous la forme de strips dès 1979 dans le mensuel étatsunien Heavy Metal, à raison d'une à deux fois par mois dans un joli format à l’italienne, le Bus révèle le talent de Kirchner à défier ou renverser toute logique, à ouvrir les portes de l’inconscient en une quête de « super-réalité d’où l’humour naît de l’inattendu ». Dans la veine de l’OuBaPo (créer une BD en respectant une contrainte artistique volontaire, ici le bus et ses limitations), Paul Kirchner tord le bus, le malaxe, le détruit, le transforme, le plie à nos rêves et désirs, le fait voyager et voler, manger et accoucher et, in fine, joue de ses formes pour le plonger dans des situations surréalistes savamment distillées en 6 ou 8 cases éloquentes. Il dit s’être inspiré notamment de Magritte et de Dali, de leur style pince-sans-rire et insolite. Juxtaposant les objets de manière étrange, changeant les échelles et les focales, faisant cohabiter usagers et monstres, l’auteur est constamment habité par l’envie d’explorer le potentiel de la BD en apprivoisant l’infinie variété des situations offertes par le bus, largement insoupçonnées. Doté d’un imaginaire fécond, fort d’un sens aigu de l’absurde et du comique, l’auteur fait mouche dans les trois quarts de l’effort avec des chutes souvent drôles et inattendues. Le genre de BD expérimentale, vertigineuse et hors du temps, stimulante et originale, riche d’une matière inédite jamais ennuyeuse qui, dans l’esprit et la démarche, rappelle les livres de Marc-Antoine Mathieu. Très fort quand il s’agit d’un sujet aussi glamour et périlleux qu’un bus ! En tout cas, cette vibrante déclaration d’amour sublime la routine la plus morne en un trip urbain jubilatoire d’une belle inventivité. Portée par un trait clinique en noir et blanc d’une étonnante modernité, cette BD au charme rétro pourrait bien vous donner l’envie d’emprunter plus souvent les transports collectifs. Une magnifique petite trouvaille dénichée par l’éditeur lyonnais Tanibis, et heureusement éditée aujourd’hui.

voir la fiche officielle ISBN 9782848410203