parution 30 août 2013  éditeur Urban Comics  collection Urban Indies
 Public ado / adulte  Thème Thriller, Historique Independant

Petrograd

En 1916, à Petrograd, plusieurs individus se retrouvent au sein d'une conspiration visant à éliminer le moine Raspoutine. Dépaysement assuré avec cette histoire qui vous fera vivre les prémices de la révolution russe et qui vaut le détour !


Petrograd, comics chez Urban Comics de Gelatt, Crook
  • Notre note Blue Star Blue Star Blue Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Blue Star Blue Star Blue Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Blue Star Blue Star Blue Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

L'histoire :

En 1916, Cleary, un jeune espion Britannique posté dans la ville de Petrograd, vit au quotidien avec pour seul objectif de sauver sa peau. Il partage le lit d'une belle révolutionnaire mais n'hésite pas pour autant à dénoncer les anarchistes et conspirationnistes locaux à la police du régime, tout en s'acoquinant avec une aristocratie débauchée. Bien décidé à rester planqué, loin des tranchées, Cleary se retrouve dans une fâcheuse posture quand il reçoit ses nouvelles directives : empêcher toute paix entre l'Allemagne et la Russie. Pour cela, il faudra convaincre le tsar et donc la tsarine qui, elle-même, n'écoute que son conseiller : un moine à demi-fou répondant au nom de Raspoutine. Il ne reste plus à Cleary qu'à trouver le moyen de se débarrasser du moine influent tout en réussissant à sauver sa propre peau. Mais pourra-t-il y arriver en jouant sur tous les tableaux ?

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

La première impression que l'on a, lorsque l'on tient Petrograd entre ses mains, est qu'avec ses planches sépia et ses quelques 280 pages, sa lecture va être ardue. Que nenni : on découvre une histoire prenante qui évite notamment les écueils habituels des bandes dessinées à caractère historique (scènes interminables où le héros écrit à sa femme depuis le front, horreurs de la guerre, etc.). Le dessin de Crook est pour beaucoup dans la réussite de l'ouvrage : les tons sépia se révèlent appropriés et restituent une ambiance à la fois décrépite (pour les scènes de bas-fond) et désespérément romantique (quand on se promène dans les palais ou encore dans un camp gitan). Le trait relativement dépouillé de Crook lui permet des fulgurances lors des scènes d'action, faisant même prendre un tournant cartoonesque et jouissif au récit lors de ses moments clés. Crook réussit ainsi à sublimer la singularité et la noirceur du personnage de Raspoutine, en lui apportant un soin particulier, le faisant ressortir du lot et paraître tel un monstre de contes pour enfants, hirsute et tordu. On regrettera que le revers de cette simplicité dans le dessin entraîne parfois une confusion entre certains personnages qui se ressemblent. L'histoire elle-même est assez complexe, mais se lit avec plaisir, Gelatt déroule lentement celle-ci de manière séquentielle, à mesure que Cleary rencontre et interagit avec les différents acteurs de la conspiration. Le récit même n'est pas exempt de défauts. Ainsi, le prologue, dont une partie se déroule sur le front russo-germanique, ne nous a pas paru vraiment pertinent, hormis pour exposer les motifs des services britanniques et, donc, l'implication de Cleary. Mais était-il pour autant indispensable dès lors qu'une introduction textuelle d'une demi-page aurait suffit sans gonfler une galerie déjà riche de personnages? Petrograd étant une œuvre de fiction, le récit présente des inexactitudes historiques. A ce titre, on aurait ainsi apprécié, aux côtés du glossaire en fin d'ouvrage, un petit précis historique plus complet que les courtes biographies des personnages réels ayant servis de modèles aux protagonistes. Mais on ne pourra au final reprocher à cet album que ce prologue un peu brouillon et une évocation peut être trop romantique, à la limite du cliché, de «l'âme russe». Petrograd demeure surtout une réussite en étant à la fois un bel ouvrage, une histoire captivante et surtout une incursion dans une époque confuse et désespérément romantique du XXe siècle.

voir la fiche officielle ISBN 9782365772501