parution 16 novembre 2012  éditeur Urban Comics  collection Vertigo Essentiels
 Public ado / adulte  Thème Fantastique - Etrange, Independant

Sandman T1

(intégrale)

Réédition sous forme d'une imposante intégrale d'une des œuvres les plus abouties, surprenantes et attachantes du Comics contemporain. Multi récompensée et addictive. Une révélation pour tous ceux qui n'en connaissait pas l'existence.


 Sandman T1, comics chez Urban Comics de Gaiman, Parkhouse, Dringenberg, Bachalo, Zulli, Jones III, Kieth, Zylonol, Vozzo, McKean
  • Notre note Blue Star Blue Star Blue Star Blue Star
  • Scénario Blue Star Blue Star Blue Star Blue Star
  • dessin Blue Star Blue Star Blue Star Grey Star
©Urban Comics édition 2012

L'histoire :

Angleterre, 1916. Alors que l'Europe s'abîme dans l'horreur de la première guerre mondiale, un mage en quête d'immortalité, Roderick Burgess, décide d'invoquer la Mort pour l'emprisonner à jamais. Mais la cérémonie ne se déroule pas comme prévue. Ce n'est pas la Mort qui apparaît à Burgess, mais son frère, Morphée, le maître du monde des Songes. Pendant 70 ans, Morphée – le Sandman – va rester prisonnier de Burgess et de sa famille... Son absence va considérablement troubler le monde des humains et celui des rêves. Jusqu'au jour où le Sandman va réussir à s'évader. L'univers qu'il va retrouver n'est plus celui qu'il a connu. Il va devoir y remettre bon ordre...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Le rêve de tout lecteur, critique ou même auteur, est de se prendre, au détour d'une de ses lectures, une bonne grosse claque. De celle qui vous retourne la tête et qui vous fait dire : « 'De dieu ! La BD ça peut être ça aussi ?!? Quel pied ! ». C'est ce que je me suis dit tout au long des 450 pages et 16 chapitres qui forment le premier tome de cette intégrale de Sandman, œuvre du scénariste et romancier anglais Neil Gaiman, réalisée entre 1988 et 1996... 1988 et 1996 !!!... Hé Oui, vous l'avez sans doute compris, malgré tout mon intérêt pour les Comics, j'étais complètement passé à côté de ce pur bijou. Car il s'agit bien de ça. Sandman est un chef d’œuvre. Une histoire à nulle autre pareille. Tellement différente de tout ce qu'on peut lire habituellement, qu'il est même difficile de définir à quoi tient cet enthousiasme ressenti à sa lecture. Le dessin, du moins de prime abord, n'a rien de bien excitant. Un peu mal fichu, des pages parfois trop denses, trop charbonneuses... Et puis, Sandman n'est pas une histoire de super-héros. Lorsqu'on a demandé à Neil Gaiman de reprendre ce personnage emblématique de DC Comics, on l'a aussi autorisé à en faire tout autre chose. Ce qu'il ne s'est pas privé de faire. Le Sandman n'est pas le héros de DC, mais bien celui de la chanson Mister Sandman, le marchand de sable. Le Rêve, au sens le plus littéral du terme. Pas tout à fait un dieu, mais un immortel, qui occupe une fonction essentielle dans l'univers, celle de vous accompagner dans le monde des songes. Cette créature a été retenue prisonnier pendant 70 ans. 70 années durant lesquelles le Sandman a été privé des objets qui lui permettaient de remplir son rôle. 70 années durant lesquelles le monde des Rêves et celui des Terriens n'a plus été tout à fait le même (l'un se dégradant en l'absence de son maître, l'autre voyant de nombreux mortels privés de leur capacité à dormir ou à s'éveiller). Au bout de ces 70 années, le Sandman parvient à s'évader et revient faire le ménage dans tous les dysfonctionnements que son absence a engendré. Démarre une promenade dans le monde avec un grand « M » tel que DC l'a réinventé au fil des décennies et bien au-delà, dans le monde des mythes et des légendes. Gaiman crée un nouveau personnage pour mieux rendre cohérent un univers composite, créé par petit bout, par mille et un auteurs de BD, au fil d'une cinquantaine d'années, que ces morceaux d'univers soient issus du DC classic ou de la collection Vertigo (un tour de passe-passe hallucinant de virtuosité). Il va même jusqu'à justifier l'existence du héros DC rencontré dans les années 40, par l'acte d'insubordination de quelques uns de ses sbires, bien décidés à combler le vide laissé par l'absence de leur maître (jouissif). Chaque étape de ce voyage est relaté sur un chapitre... deux ou trois au maximum. Chacun de ces chapitres est d'une incroyable densité (chose de plus en plus rare dans le Comics contemporain), peuplé de personnages parfaitement imaginés, d'une profondeur rare. Des petits bouts intelligemment construits, charpentés sans la moindre répétition. Les surprises s'enchaînent aux découverte étonnantes. L'imagination de Gaiman est au pouvoir, portée par une plume vive, cultivée, un sens du dialogue alerte, enchanteur. On comprend que l'homme soit devenu au début du XXIème siècle l'un des romanciers les plus lus du monde anglo-saxon. Sandman est, de par son ampleur, un véritable roman graphique (pour une fois que ce terme n'est pas galvaudé, autant le dire) qui nous parle de nous, de notre condition d'homme, de nos petitesses et de nos grandeurs, de nos peurs, en nous confrontant à des forces qui nous sont infiniment supérieures et qui n'en sont pas moins guidées par le même égoïsme très « humain ». L'addiction qu'on éprouve à sa lecture n'a d'équivalent que dans les meilleures séries TV actuelles. Sa lecture demande quelques heures d'attention passionnée. Sandman est un objet inclassable. Il existe. Et nous avons toutes les raisons de nous en réjouir.

voir la fiche officielle ISBN 9782365771221