Tokyo, fin d’un monde T3, manga chez Delcourt de Noujou ©Delcourt édition 2011

Tokyo, fin d’un monde T3

Devant tous, Oda se jette dans le vide et vole, engendrant un paradoxe temporel, avant que Miho n’arrive à la tour de Tokyo où sa mort était jusque-là programmée. Une conclusion un peu moins nulle qu’on ne le croyait mais l’histoire reste mauvaise.

L'histoire : Le jour de la Saint-Valentin, celui de la catastrophe qui changera la face du Japon, est arrivé. Oda s’est rendu sur la tour de Tokyo et se tient au bord du vide. Les caméras de télévision ne tardent pas à arriver et à retransmettre l’image de son visage un peu partout. Tous les gens qu’il a contactés ces derniers temps le reconnaissent alors et se rappellent ses paroles : qui devra faire preuve de sang-froid, qui devra être vigilant sur la route... Puis, une fois sûr qu’il a fait son petit effet, Oda se jette dans le vide en direct mais, à la surprise de tous, ne s’écrase pas, prouvant ainsi que l’homme peut voler. L’instant suivant, le temps s’arrête, sauf pour les hommes du futur ou encore ceux comme Miho qui ont un rôle crucial à jouer dans le déroulement des événements. Cette dernière se trouvait dans le train et s’étonne de voir tout le monde figé, mais aperçoit alors Iwamoto qui lui explique que c’est là l’effet d’un paradoxe temporel engendré par l’action d’Oda. Il se retourne ensuite pour braquer l’homme de main du futur de Saegusa, et s’apprête à tirer pour le tuer lorsque le temps reprend son cours. Miho se retrouve alors devant un siège vide, les deux hommes du futur ayant disparu. Elle continue donc son chemin et arrive à la tour de Tokyo pour son rendez-vous avec Saegusa, quelques minutes avant le tremblement de terre prévu par Oda, et quelques minutes avant le moment précis de son assassinat...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :  Pour ce dernier tome, l’auteur n’améliore pas grand-chose et le scénario se montre donc encore une fois plutôt décousu, qui alterne sans cesse flash-back, présent, flash-forward, réalités alternatives, paradoxes temporels et sauts dans le temps de manière parfois assez confuse. Ce qui est dommage, c’est qu’on sent ce que l’auteur essaie de faire mais qu’on voit bien qu’il se rate lamentablement, engoncé dans les recoins d’une histoire mal pensée et mal mise en scène, qui se veut traiter un sujet de SF sur un ton romantique sans jamais être crédible ni d’un côté ni de l’autre. Le plus risible est probablement l’explication ridicule sur le voyage dans le passé où Oda explique qu’il suffit de se jeter dans le vide jusqu’à ce que le corps atteigne la vitesse... de la lumière ! Là, on se dit que l’auteur aurait mieux fait de ne pas tenter d’éclaircir ce mystère pour se concentrer à la place sur d’autres choses plus intéressantes, absentes quant à elles, comme les intrigues politiques du futur par exemple (et aussi pour prendre 5 minutes pour regarder les rudiments de la physique). Dans le même genre, les explications foireuses d’Oda sur la tour de Tokyo, sanctuaire immuable du temps selon la volonté « du ciel », sont un peu légères et ne s’encombrent pas d’explications ; sans compter que pour un sanctuaire du temps, Oda arrive bien facilement à figer l’action selon son bon vouloir ! Pour les bons points par contre (il y en a un ou deux tout de même), les personnages secondaires un peu inutiles sont mis à la trappe et les toutes dernières pages proposent une fin un peu moins convenue qu’on ne l’attendait. Les graphismes sont quant à eux toujours aussi fournis et donnant dans le réalisme mais, si on apprécie qu’il y ait ce coup-ci moins de grimaces improbables figées sur le visage des protagonistes, on regrette par contre que les quelques scènes d’actions soient ou incompréhensibles (on ne comprend rien à la logique des chutes des personnages lorsque la tour de Tokyo se penche au moment du tremblement de terre) ou bien sans dynamisme (effet roman-photo garantie !), mais également que quelques planches semblent avoir été moins soignées que d’autres (avec de la réutilisation d’images par exemple, ou encore lorsqu’on voit le visage de profil de l’héroïne dans l’une des cases et qu’on a carrément l’impression que c’est quelqu’un d’autre...). Egalement, l’effet « flash incandescent » qui donne un air de photographie surexposée à presque chacun des plans est assez pénible à la longue. Et que dire de ces plans insistants sur la culotte de l’héroïne alors même qu’on se trouve dans un moment dramatique, si ce n’est que cela casse complétement l’ambiance en plus d’être pitoyable et sans intérêt ? Bref, la conclusion est un peu moins affligeante qu’on ne le pensait mais, globalement, l’histoire sera restée mauvaise du début à la fin. Une courte série à oublier, ou alors à se remémorer comme exemple de ce que peut être un ratage complet malgré une idée de base intéressante et un dessin plein de potentiel.

  • scénar dessin


8 juillet 2011



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 Tokyo, fin d’un monde T3, manga chez Delcourt de Noujou ©Delcourt édition 2011

29 juin 2011

Delcourt

Ginkgo

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9782756026077

ado / adulte

Fantastique - Etrange, Science - fiction

Seinen

scénariste
dessinateur
 

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