Sans même nous dire au revoir, manga chez Kana de Ueno ©Kana édition 2011

Sans même nous dire au revoir

La vie de Kentarô et de sa fille sont complétement bouleversées lorsque sa femme décède un soir de décembre. Un témoignage autobiographique, bouleversant et fort en émotions.

L'histoire : Depuis quelques temps, le budget domestique a diminué et, pour préparer la fin d’année, le mangaka Kentarô a demandé fin novembre à publier deux fois plus de planches. Le planning est serré et il faut faire plus d’heures de travail avec son assistant, « Y ». Aussi, le soir du 9 décembre, Kentarô reste avec Y dans son atelier du premier étage, laissant comme souvent sa femme et sa fille diner seules. Le lendemain soir, Kentarô décide d’en rester là et descend dans le salon. Là, il voit que sa femme Kiho a tout laissé en plan : la porte du congélateur est ouverte, la télévision est allumée alors que personne ne la regarde, il y a du bazar partout et Kiho est allongée au milieu de tout cela. Ce n’est pas la première fois que Kentarô trouve sa femme dans cet état mais le fait qu’elle dorme sur le ventre est tout de même bizarre. Non, ce n’est pas possible : Kentarô s’agenouille à côté d’elle pour prendre son pouls mais les battements de son propre cœur l’empêchent d’entendre quoi que ce soit. Non, ce n’est pas possible. Non, pas comme ça, sans même lui avoir dit au revoir...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :  Connu au Japon pour ses mangas humoristiques, c’est pourtant avec ce titre autobiographique et profondément triste que Kentarô Ueno nous fait découvrir son travail puisqu’il nous y narre la mort de sa femme, dépressive et asthmatique, ainsi que l’année qui a suivi pour lui et sa fille. L’histoire se concentre essentiellement sur le mois qui suit la tragédie, le tout entrecoupé de flash-backs et suivi du reste de l’année qui est quant à lui plus court. Etant donné que le mangaka nous fait partager sa douleur suite au drame, c’est surtout son point de vue qui est exprimé et, si certains passages sont peut-être un petit peu romancés, les émotions qui en ressortent sont très sincères. Le ton est clairement au désespoir et à la tristesse mais, ne sombrant jamais dans le pathos malgré un sujet très sensible, les sentiments exprimés nous immergent dans le portrait blessé de cette famille. Les questions soulevées par le deuil et la façon d’aborder l’avenir sont bien mises en évidences mais c’est surtout la manière dont réagissent les proches qui fait ici la force du récit. Pour mettre en images ce drame, le mangaka a adopté un style plutôt réaliste que certaines photos ou dessins au fusain viennent agrémenter. Que ce soit dans la représentation des personnages ou des décors, le style est soigné et détaillé mais on regrettera quand même que le découpage manque un peu d’originalité. En revanche, certains effets sont très judicieux comme les personnages secondaires qui sont relégués à l’état de silhouettes blanches (ce qui est assez lourd de sens) ou les tâches représentant les larmes lors de la conversation avec l’éditeur et sur la couverture. En tous cas, si vous n’avez pas peur de pleurer, ce titre est à découvrir car ce témoignage est aussi poignant que captivant.

  • scénar dessin


1 novembre 2011



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Sans même nous dire au revoir, manga chez Kana de Ueno ©Kana édition 2011

04 novembre 2011

Kana

Made in

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9782505013181

ado / adulte

Chronique sociale, Sentimental

Seinen

scénariste
dessinateur
 

Sans même nous dire au revoir série terminée en France
1 album paru
série terminée au Japon
1 album paru