L'histoire :
De retour à Rome après un long périple qui l’a conduit de la Gaule à l’Orient, puis en Égypte et jusqu’aux confins du Grand Nord sur les traces de l’Atlantide, Alix retrouve enfin la capitale de l’Empire. Nous sommes en l’an 8 avant notre ère. Dans un théâtre romain, le poète Horace célèbre avec emphase la gloire d’Auguste, présenté comme un souverain quasi divin ayant ramené la paix et la prospérité à Rome. Si l’assistance applaudit avec ferveur, Alix demeure silencieux. Une attitude qui n’échappe pas à Mécène, lequel l’interroge sur cette réserve. Fidèle à ses convictions, le sénateur refuse de voir un homme élevé au rang de dieu, fût-il empereur. Les deux hommes échangent alors sur le pouvoir, la flatterie et les usages de la cour impériale. Mécène s’enquiert également des compagnons d’Alix : Titus a rejoint les légions de Tibère, tandis qu’Enak et les autres sont partis en Afrique, laissant la demeure d’Alix bien vide. Ce dernier s’est alors lancé dans la rédaction de ses mémoires, à la demande de Titus, désireux de connaître les aventures de sa jeunesse. Mécène l’avertit toutefois de rester prudent : certains épisodes du passé, notamment ceux liés à Brutus Tarquinus et aux intrigues étrusques, pourraient déplaire à Auguste. Avant de prendre congé, Mécène confie enfin son inquiétude au sujet des relations tendues entre Alix et Livie, persuadé qu’une réconciliation serait préférable pour tous.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Avec ce 17e tome d’Alix Senator, Valérie Mangin nous entraîne dans une aventure qui prend des allures de tragédie antique. De retour à Rome, Alix retrouve Mécène et se retrouve bientôt confronté à un mystérieux théâtre où les spectateurs portent tous un masque. Derrière cette étrange mise en scène, se cache une série de spectacles aussi cruels que fascinants, orchestrés par un énigmatique « maître des masques ». Autant dire que, dans cet univers où chacun dissimule son véritable visage, Alix va devoir apprendre à regarder au-delà des apparences. Et c’est précisément ce qui fait la force de cet épisode : contrairement à certaines intrigues de la série, celle-ci se met rapidement en place. Le suspense fonctionne, les révélations s’enchaînent et l’on se laisse facilement happer par cette histoire qui joue constamment avec les faux-semblants. La mythologie grecque n’est jamais loin, avec l’Hydre de Lerne ou le lion de Némée, tandis que plusieurs clins d’œil aux précédentes aventures d’Alix, notamment Le Tombeau étrusque et La Griffe noire, viennent nourrir le récit. Or derrière le spectacle, l’album s’intéresse surtout aux rapports humains et à la possibilité de changer. La relation entre Alix et Livie évolue ainsi au fil des événements, ouvrant la voie à une forme de rédemption. Toujours aussi précis, le dessin de Thierry Démarez restitue avec minutie les costumes, les décors et l’atmosphère de la Rome antique. Prochain acte : L’Arche.