L'histoire :
Colette est dans son jardin et fait de la corde à sauter. Elle se rappelle quand elle était plus petite et qu’elle partageait ce moment avec sa sœur Lison. Elle lui manque tellement… Elle commence à boxer dans le vide, pour s’entraîner, et sa mère l’appelle pour qu’elle vienne l’aider à étendre le linge. La boxe aussi lui manque énormément. Mais elle est contrainte par ses parents, et surtout par sa mère, d’arrêter ce sport qui la passionne. Colette trouve cela injuste et l’exprime à sa mère : ses petits frères ont le droit de faire le sport qu’ils veulent, mais pas elle. Et puis, ce ne sont jamais eux qui viennent étendre le linge. Colette veut aussi pouvoir retourner au collège. Elle est interrompue par la visite de deux personnes : ses coachs de la salle de boxe. Ils sont étonnés de ne pas la voir aux inscriptions, ils pensaient qu’elle continuerait. La mère de Colette arrive en colère et leur demande de partir : sa fille n’a jamais été autorisée à pratiquer la boxe. Les deux coachs repartent et Colette se retrouve une nouvelle fois seule, délaissée, voyant ses rêves s’envoler avec eux. Elle se sent prisonnière de cette maison, de sa mère, de sa vie… Et la tristesse l’envahit. Ce soir-là, alors que la jeune fille est dans sa chambre, sa mère frappe à la porte. Elle l’autorise à retourner au collège, mais elle devra passer tout son temps libre ici à la maison. Elle peut remercier son père qui semble lui faire confiance.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Le duo Carole Maurel et Vero Cazot poursuit les aventures de Colette dans le second tome de Mi-Mouche. L’adolescente est surveillée de près par ses parents et surtout par sa mère. Le pot aux roses a été découvert, elle a interdiction de pratiquer à nouveau la boxe. Sa mère trouve cela beaucoup trop dangereux, et préférerait qu’elle se remette à la danse classique. Colette se sent de plus en plus seule et incomprise. Elle s’isole, et dès qu’une main se tend pour elle, l’invitant à ne pas perdre espoir sur ses possibilités de pratiquer à nouveau la boxe, sa mère l’apprend et tout s’effondre à nouveau. Elle ne comprend pas que ce loisir lui soit interdit, alors qu'il lui permet d’exprimer ses émotions après la perte de sa sœur. il lui permettrait de retrouver un peu de joie… Ce nouveau volume est toujours aussi touchant et bouleversant. Colette est déterminée à suivre ses ambitions, et à reprendre la boxe, coûte que coûte, même si les obstacles sont nombreux. On sent sa volonté, mais aussi le désespoir qui peut la gagner, la tristesse qui revient, et quelques petits moments d’éclaircie, de joie et d’espoir. La relation conflictuelle mère-fille est au centre du récit, mais le deuil, le harcèlement ou les inégalités filles-garçons sont également sous-jacents (Colette n’a pas accès aux mêmes droits que ses frères, les stéréotypes sur la boxe sont nombreux, etc). Le dessin de Carole Maurel est, comme à son habitude, d’une justesse renversante, et elle sait retranscrire toutes les émotions qui peuvent émerger d’une situation ou d’un personnage.