L'histoire :
Il y a quelques milliers d’années, une porte stellaire s’ouvre dans le cosmos à proximité immédiate de la Terre. Un gigantesque vaisseau en forme d’aile en sort et pénètre dans l’atmosphère de la planète bleue. Cet astronef tente un amerrissage plus ou moins maîtrisé et se retrouve échoué et abimé à quelques brasses de la côte écossaise. Des dizaines d’aliens survivants s’extraient de leurs sarcophages, du vaisseau éventré et rejoignent la côte. Ils ont une apparence d’hominidés, mais trois fois plus grands. Ils ont la peau grise et le crâne élargi sur les côtés. Ils vont à la rencontre des populations locales, une tribu néolithique qui les prend pour des dieux. Des deux côtés, la bienveillance prime et ils pactisent. Les siècles passent. Le vaisseau se retrouve couvert de guano, d’humus, de végétation, jusqu’à ressembler à un îlot revêtu de forêt. Au second siècle de notre ère, le légionnaire romain Lucius et son ennemie-amoureuse calédonienne Leta sont invités par ces aliens géants à pénétrer dans le vaisseau par l’une des dernières entrées accessibles. Grace à la communication télépathique des aliens, ils comprennent qu’ils sont à l’intérieur d’un char céleste. Leta découvre alors avec colère un bassin cylindrique dans lequel flotte son frère, inconscient…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
A la fin du tome 2, le registre de ce « péplum conquérant » jusqu’alors relativement historique prenait un virage fantastique radical. Selon le scénario de Corbeyran, la construction du mur d’Hadrien, édifié à l’époque de l’empereur éponyme (vers l’an 122), n’est pas tant suscitée par la nécessité de retenir les tribus de barbares calédoniens (écossais), que pour empêcher que des géants extraterrestres (avec des cranes de cerfs similaires à ceux qu’on voit dans Game of thrones) ne s’étendent vers le Sud de l’Angleterre ! Car oui, un vaisseau alien gigantesque s’est jadis écrasé là et les aliens se sont donc installés en mode survie. L’idylle contre-nature entre le discipliné légionnaire Lucius et la belle et farouche guerrière tribale Leta se retrouve donc logiquement reléguée au second plan dans ce troisième et dernier opus, qui louche ainsi logiquement sur la fantasy. Les auteurs fournissent une résolution satisfaisante, qui correspond à ces nouvelles règles de genre, avec le mérite d’être cohérente… à défaut d’être totalement originale ou surprenante. Comme émoussé par la perte des repères historiques et sociétaux, le dessin d’Emmanuel Despujol se borne à mettre en scène – de manière tout à fait appliquée, martiale et bruineuse par ailleurs – les personnages et leurs combats, mais un peu au détriment du grandiose des décors.