L'histoire :
Fungirl est en pleine nature, sur une route panoramique qui donne une vue imprenable sur les montagnes. Il fait beau, l’ai est frais et la jeune fille a le cœur en joie, telle Heidi qui rencontrerait la Mélodie du bonheur. Oui, c’est une fille de nature, libre comme l’air avec tous ses amis à côté d’elle. Vlan ! D’un coup, son rêve es terminé et la réalité la rappelle : elle vient de se prendre une canette sur la tête lancée par un automobiliste. Car Fungirl est contrainte de faire un travail d’intérêt général : elle ramasse les déchets sur le bord de la route. Plus tard, après des heures harassantes à chercher des détritus, elle remarque un chien agonisant au soleil sur une colline, recouvert par des mouches. Ni une, ni deux, la jeune fille décide de lui faire du bouche-à bouche et un massage cardiaque avant de l’emmener sur son vélo « cleanmobile » pour le rendre à ses maîtres. De son côté, Peter, son colocataire est allé faire quelques courses. Il en a profité pour acheter des fleurs et s’apprête maintenant à faire le ménage dans l’appartement. Et ce n’est pas chose aisée lorsqu’il s’attaque à la partie occupée par Fungirl : chaussettes malodorantes au sol, bouteille d’alcool, peau de banane… tout y est ! Elle a même utilisé la tasse préférée de Peter et ne l’a même pas lavée ! Après un brin de poussière, Peter s’affaire enfin en cuisine pour confectionner une recette vegan. Et quand il ouvre le congélateur, c’est le drame : il y découvre un chien mort !
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Fungirl est de retour ! Et autant dire que rien ne s’est vraiment calmé. Toujours empêtrée dans des situations absurdes, elle enchaîne les galères, entre travaux d’intérêt général et rencontres ô combien improbables, oscillant entre bonne volonté sincère et décisions catastrophiques. Comme on pouvait s’y attendre, le récit qui préfère la démesure à la structure classique part dans tous les sens, si bien que l’intrigue n’est finalement qu’un prétexte à accumuler les situations déjantées. Elizabeth Pich continue d’exploiter un humour frontal, souvent grossier, mais toujours assumé. Son trait minimaliste, très expressif, accompagne parfaitement ce chaos narratif où les gags s’enchaînent sans filtre, avec une énergie constante qui rappelle certaines BD underground, où l’absurde et le mauvais goût volontaire deviennent des outils comiques à part entière. Sur la durée, cette accumulation peut toutefois fatiguer. Le récit donne parfois l’impression de tourner à vide, faute de direction claire, et certaines idées peinent à marquer durablement. Quelques tentatives d’approfondir les personnages apparaissent ici et là au fil des pages, mais restent secondaires face à l’avalanche de situations. En fin de compte, Fungirl Forever reste donc une lecture atypique, parfois inégale, mais portée par une vraie liberté de ton. C’est une BD qui ne cherche pas à plaire à tout le monde… et c’est sans doute là qu’elle trouve sa principale force !