L'histoire :
Rade de Villefranche, Côte d'Azur, novembre 1956. Sur le porte-avions Coral Sea, appartenant à la 6ème Flotte des États-Unis, Sonny Tuckson déchante. Il avait rendez-vous avec une jolie française ce soir... mais jour de malchance, l'Amiral convoque tout le monde d'urgence pour un speech dans le hangar. Le navire a reçu l’ordre de rejoindre l’Égypte au plus vite car une crise, qui pourrait mener à la troisième guerre mondiale, s'y déroule. Le Président Nasser a en effet nationalisé le Canal de Suez ; en réponse, les Israéliens, les Anglais et les Français ont riposté. Les Soviétiques sont remontés et ils menacent d'une attaque atomique si les belligérants ne se retirent pas immédiatement du territoire égyptien ! Deux jours plus tard, le navire arrive sur zone et il reçoit comme mission de couvrir l'évacuation de 600 ressortissants à Alexandrie, qui rejoindront un paquebot...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Un nouveau cycle Danger sur Suez s'ouvre avec cet album, qui place nos héros au centre de la crise du Canal de Suez. Bien vu de la part de Frédéric Zumbiehl et Frédéric Marniquet car dans la série-mère, ce théâtre d'opération n'avait pas pu être couvert par Charlier. En effet, en 1956, année où se situe ce volume, Jean-Michel Charlier lui, doit se battre contre la censure pour contourner le code moral imposé par Dupuis : « Pas de violence excessive, pas de flirt, pas d'armes à feu réalistes ». A cette époque, une scène de bagarre pouvait être recalée. Alors vous pensez bien qu'il n'était pas question de voir apparaître le terme de « guerre froide ». Quoiqu'il en soit, nous voici embarqués pour une destination jusque-là inconnue pour nos héros de la Navy. Le voyage vaut le détour, ne serait-ce que par son exotisme. Le graphisme retro d'André Le Bras, les couleurs parfaites de Nicolas Caniaux (avec des aplats de Valeria Tonaga Romanazzi) continuent à s'inscrire dans l'hommage à Victour Hubinon. Côté aérofan, on a là aussi de l'inédit, car Buck, Sonny et Jerry sont aux commandes du Douglas F4D Skyray, un jet à la carrière embarquée assez brève (1956 à 1963), ce qui explique surement aussi pourquoi il n’apparait pas dans la série originale. Pourtant son aile delta, ses ailes repliables est ses nombreux records de vitesse en font un avion important et les auteurs le mettent à l'honneur, car en réalité, ce chasseur-intercepteur n'a jamais connu de théâtre opérationnel. Mission Pharaon réserve donc de nouvelles aventures et autant de plaisir à Buck et ses lecteurs.