parution 24 octobre 2012  éditeur Delcourt  collection Contrebande
 Public ado / adulte  Mots clés Fantastique - Etrange / Independant

The Crow

(intégrale)

Œuvre apparue dans les années 80, fondatrice du mouvement gothique, The Crow revient chez Delcourt dans une édition définitive. L'occasion de voir si le récit culte de James O'Barr a bien traversée le temps ? La réponse est : non !


The Crow, comics chez Delcourt de O'Barr, Davis
  • Notre note Blue Star Grey Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Blue Star Grey Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Blue Star Blue Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Delcourt édition 2012

L'histoire :

Eric et Shelly sont jeunes, follement amoureux et sur le point de se marier. Rien ne semble pouvoir troubler leur bonheur, jusqu'à ce soir d'horreur où ils se font arrêter sur une route de campagne par une bande de loubards sous acide qui veulent les dévaliser. Eric reçoit une balle mortelle, qui lui laisse juste le temps d'assister au calvaire de sa compagne, qui se fait violer et assassiner, alors qu'il se sent totalement impuissant à la défendre. Un sentiment terrifiant qu'il emporte avec lui dans la tombe. Un an plus tard, Eric mort puis ressuscité revient parmi les hommes pour venger Shelly. Il déambule dans la ville, un sourire sardonique dessiné sur son visage blafard et triste, à la recherche des hommes qui l'ont massacré. Il se fait appeler « The Crow »...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Entre les années 80 et 90, The Crow a été un phénomène à plus d'un titre. Il a été l'un des premiers comics indépendants à connaître un véritable succès au sein d'un marché américain écrasé par les deux majors Marvel et DC. Trois films et une série télé en ont été tirés, dont le premier, qui a vu la mort accidentelle de Brandon Lee, fils de Bruce Lee, victime d'un revolver chargé à balles réelles, alors qu'il aurait dû être chargé à blanc. Toute une génération de jeunes auteurs ont rendu de multiples hommages à l'amour, au-delà de la mort d'Eric Draven et de sa compagne Shelly. Mais à vrai dire, qu'est ce que The Crow ? Objectivement ? C'est une histoire de meurtre, puis de vengeance, matinée de fantastique, ultra-violente, entrecoupée des souvenirs d'un amour total, absolu. Un peu de douceur dans le monde brutal que la série décrit. Pourquoi pas. Malheureusement, ce n'est guère plus que ça : une longue, très longue, répétition de scènes d'assassinats vengeurs (dignes de la série rancie Un justicier dans la ville avec Charles Bronson, le tout réalisé sans réelle inventivité), qui alterne avec les souvenirs pseudo-poétiques d'un Eric Draven, maquillé comme un Joker gothique, surjouant la souffrance de celui qui a perdu la femme qu'il aimait. Ce qui aurait pu être un contrepoint puissant, si O'Barr avait eu le talent de nous raconter une histoire d'amour vraiment sensible et emballante. Sauf qu'à aucun moment on n'est touché par ce lien sensé exister entre ces deux êtres, d'une parfaite mièvrerie. Ajoutez à cela que O'Barr n'est pas un grand dessinateur. Même si le dos de couv' nous parle d'une parenté avec le talent de Frank Miller ou d'un Will Eisner, son trait et son noir et blanc en sont à des années lumières. Il n'est pas plus un grand dialoguiste : les dialogues sont emphatiques, rarement justes et torturés comme l'âme d'un adolescent. On n'évite d'ailleurs pas deux trois poèmes de Rimbaud et Baudelaire... Tout cela ne serait pas si triste, si James O'Barr ne se sentait obligé de nous révéler que les origines de sa série sont liés à un drame personnel : O'Barr s'est un jour retrouvé face à la police sans l'assurance de sa voiture. Il a téléphoné à sa petite amie afin qu'elle lui apporte les papiers du véhicule. Mais en gagnant sa propre voiture, elle se fait tuer accidentellement par un chauffard ivre. O'Barr s'en est terriblement voulu d'avoir provoqué sa mort et il a imaginé ce The Crow pour exorciser sa douleur. Étrange et déroutante idée que d'imaginer un héros dont la réponse à la mort de son amie est une vengeance sanglante contre des coupables imaginaires sur lesquels O'Barr semble transférer sa propre culpabilité. N'y avait-il pas d'autre réponse à sa douleur qu'une douleur aussi grande infligée à d'autres personnes, mêmes fictives ? Ni a-t-il rien de mieux, ni de plus adulte à faire, pour rendre hommage à une belle âme que de s'enivrer de sang et de vengeance ?

voir la fiche officielle ISBN 9782756035123