parution 30 août 2013  éditeur Urban Comics  collection DC Archives
 Public ado / adulte  Thème Fantastique - Etrange, Aventure - Action, Policier Super-héros

Batman, la légende T1

(intégrale)

Démons, spectres, gangsters et super-vilains font la queue pour prendre une volée administrée par Batman et ses collègues justiciers, à grands coups de Kapows et Buddabud. Un recueil d'aventures toutes illustrées par le regretté Jim Aparo.


 Batman, la légende T1, comics chez Urban Comics de Haney, Giordano, Aparo, Adams, Collectif
  • Notre note Blue Star Blue Star Blue Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Blue Star Blue Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Blue Star Blue Star Blue Star Blue Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Urban Comics édition 2013

L'histoire :

On retrouve ici pas moins de 23 aventures de Batman, associé à d'autres encapés de chez DC :
- Batman et le Sergent Rock poursuivent Hitler tandis que, dans une autre aventure, Deadman aide le détective à démanteler un réseau permettant aux criminels de changer d'identité. Bat's s'allie aussi à WildCat pour mettre à jour un complot industriel impliquant le Miracle 2000, un additif pour carburant...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Jim Aparo est un dessinateur connu des fans de DC, ne serait-ce que pour l'empreinte qu'il a pu laisser durant son long run sur le personnage de Batman. On lui doit ainsi deux des plus fameuses images, désormais iconiques, de Batman: celle de ce dernier portant le corps de Jason Todd au milieu de décombres, dans "Un deuil dans la famille" (en VO : Death in the Family), ainsi que celle du monstrueux Bane brisant le dos du chevalier dans le cycle Knightfall. Mais si ces histoire furent publiées entre la fin des années 80 et le milieu des années 90, Aparo, lui, avait commencé à illustrer les aventures de l'homme chauve-souris dès 1971 au sein de The Brave And The Bold, une revue qui, à l'époque et tout comme la récente série animée du même nom, présentait les aventures de Batman toujours en collaboration avec un ou plusieurs autres héros de l'univers DC. C'est cette époque qu'Urban Comics propose de nous faire revivre en recueillant plusieurs de ces "co-aventures" de Batman, publiées entre 1971 et 1975. Plus de 500 pages des aventures du plus grand des détectives et illustrées par Jim Aparo, voilà de quoi faire saliver d'envie plus d'un bat-maniaque. Ce serait cependant limiter la portée de l'ouvrage que de s'en tenir au simple j'aime/j'aime pas appliqué à chacune des historiettes regroupées ici. Le contexte culturel mais aussi historique s'avère très important. Batman ne se contente pas d'affronter ces vieux ennemis comme le Joker et Double-Face. On le voit se confronter à des pharaons extra-terrestres, des démons, des promoteurs, des chirurgiens et même à Adolf Hitler et à Satan! Le surnaturel est souvent présent. On est en plein dans l'époque de Rosemary's Baby et de l'Exorciste et certaines histoires font directement du pied aux films de la Hammer tant le dessin d'Aparo tord les visages des fanatiques et des possédés. Le discours social a son importance et Batman prône la désobéissance civile à l'époque où les USA sortent à peine de la guerre du Viet-Nâm, prenant à contre-courant l'establishment et donnant un ton délicieusement hippie à un personnage trop souvent décrit comme un fasciste de la pire espèce. Green Arrow se caractérise déjà comme un anti-Bruce Wayne, par son discours et son attitude. Mais ce qui frappe le plus, dès les premières pages, c'est la violence. Violence du trait et de la présentation, d'abord. Les explosions, les coups de feu, les coups. Aparo ne laisse aucun répit et le cadrage est vivant, de biais, en insert. Tout est fait pour dynamiser la lecture sans désorienter le lecteur. C'est plein d'impétuosité et ça surprend, quand on sait quand ont été écrites ces histoires. Violence du récit, aussi : les gangsters tombent comme des mouches, se prenant des balles, tombant des étages et toujours en criant, en hurlant. Est-ce une forme de racolage ? Peut-être, mais ça marche et chaque histoire se lit d'une traite. Mais ce même dynamisme, ce rythme effréné qu'entretient le duo dynamique Aparo/Haney est aussi le talon d'Achille de The Brave And The Bold. Enchaînant les rebondissements (souvent invraisemblables) pour toujours captiver le lecteur, on a régulièrement l'impression qu'Haney ne sait pas trop comment conclure correctement son histoire et il n'est pas rare que celle-ci finissent en une ou deux pages par un deux ex machina des plus frustrants. Le concept même de The Brave a aussi pour souci d'obliger, par souci de variété, d'associer Batman à des héros parfois, comment dire, peu intéressants ou dont Haney ne sait que faire (la créature des marais, qui n'a pas encore connu son revival sous Alan Moore, Kamandi, Man-Bat qui est inséré au chausse-pied). Haney écrit ainsi les histoires les plus rocambolesques pour justifier la présence de certains: Captain Atom faisant des claquettes sur le cortex de Batman pour le téléguider, alors en état de mort cérébrale, tout en nous faisant des cours d'anatomie. Il faut le lire pour le croire. Batman : la Légende n'est pas un recueil ultime de trésors cachés, qui ferait obligatoirement la joie de tout fan de l'homme chauve-souris mais c'est un bel hommage à un grand artiste et une lucarne sur une époque ou Batman se cherche encore un peu, héros hard-boiled souffrant encore de l'ombre d'Adam West (la série TV, ultra populaire, ne s'est terminée qu'en 1968). Il faut pouvoir accepter le contexte de l'époque et les contraintes du format pour pouvoir réellement apprécier l'ensemble et passer outre les défauts pré-cités qui seraient fatals, de nos jours. On notera aussi une traduction de très belle facture et qui fait la part belle à l'argot français de l'époque (Green Arrow parlant de "chnouffe", merveilleux !).

voir la fiche officielle ISBN 9782365772525