parution 05 février 2014  éditeur Delcourt  collection Sang froid
 Public ado / adulte  Thème Policier, Historique

Mafia Story T8

Don Vito (2/2)

Luciano renvoyé dans son Italie natale, plus rien n’empêche Don Vito de devenir le « Capo di Tutti Capi » new-yorkais. Mais aussi lente a été son ascension, que sa dégringolade est rapide. Ultime volet d’une saga-documentaire référence.


 Mafia Story T8 : Don Vito (2/2) (0), bd chez Delcourt de Chauvel, Le Saëc, Lou
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  • Scénario Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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©Delcourt édition 2014

L'histoire :

« Lucky » Luciano a vu sa longue peine de prison commuée en exil sur le vieux continent, pour service rendu à la nation pendant la seconde guerre mondiale. Il ne tarde pourtant pas à remettre les mains dans le cambouis new-yorkais en s’offrant La Havane pour résidence secondaire et diriger ses affaires d’un peu plus prés. Lors d’une réunion organisée avec la plupart des gros poissons de la « famille », dont il est le patriarche reconnu, il met un terme aux velléités de rébellion de Vito Genovese. Il obtient le soutien de la presque totalité de ses amis et ponctue l’affront en brisant, dans le secret d’une chambre d’hôtel, quelques côtes et un bras au coquin qui a osé le défier. Pour autant, Genovese n’aura pas à ruminer sa vengeance trop longtemps : Luciano n’a pas su se montrer assez discret et le gouvernement américain ne tarde pas à obtenir de Cuba le retour définitif du truand en Italie. Charles Luciano parti, Don Vito, alors numéro 2 de la famille Lucchese, se retrouve face à un unique adversaire : Franck Costello. Genovese est patient. Et il profite bientôt des problèmes posés par Moretti – un des protégés de Costello qui perd un poil la tête – pour reprendre la main. D’autant que dans le même temps, Costello est pris dans le bourbier d’une enquête de la commission sénatoriale Kefauver et ne peut sauver la tête de Moretti. Genovese s’empresse alors de faire main-basse sur les diverses activités de ce dernier dans le New Jersey. La voie lui semble alors parfaitement dégagée pour qu’il se fasse adouber comme parrain suprême de la mafia new-yorkaise. Mais avant, il se fait un devoir de supprimer Costello. Et il le rate. Premier accroc…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Deux ans que la conclusion du diptyque consacré à Don Vito Genovese patientait dans les cartons. Deux ans qu’on attendait qu’il rende à Luciano la rouste qu’il venait d’essuyer dans un hôtel de La Havane pour avoir émis l’idée de lui piquer son boulot. On pensait que les deux mafieux allaient nous amuser à en découdre violemment. Que nenni ! D’entrée, le ton est donné : le gouvernement américain éloigne définitivement Lucky Luciano de son rival en le contraignant à quitter Cuba pour l’Italie. Du coup, l’aire de jeu se dégage pour laisser le récit parcourir la lente ascension d’un Genovese obsessionnellement accroché à l’idée de s’asseoir sur le trône du « Capo di Tutti Capi », le Boss avec un grand « B ». Les hors-jeux des rivaux ou la réorganisation des « 5 familles » new-yorkaises y participeront un brin. Avec, pour point commun, un changement stratégique de taille : on zigouille encore à tour de bras, mais les coups tordus et autres pièges de cochons semblent prendre désormais le pas sur les représailles frontales à l’ancienne. Une nouvelle ère semble ainsi prendre sa place, qui accompagne les déconvenues du destin de Vito : aussi lente fut la montée, que la descente est rapide. Le bougre pourra ainsi dire merci à sa tendre épouse, à la réunion ratée qui devait consacrer son adoubement et à son vieux copain : ce bon Lucky loin d’être étranger à son ultime séjour derrière les barreaux... L’histoire de Genovese boucle la saga pour une Mafia Story brossée en 8 tomes et dont les généreuses circonvolutions de l’Histoire auraient pu offrir moult prolongements. On le voit bien dans cet ultime opus, qui avale les événements à vitesse grand V, en laissant orphelin, par exemple, des destinées plus fouillées de Costello, Moretti, Gambino ou encore Anastasia. Mais qui, peut-être, offre l’espoir d’une nouvelle série dans laquelle « les « Modernes » qui allaient tout à la fois accompagner l’apogée et le déclin du crime organisé(…) » joueraient d’impeccables remplaçants. Bref, on en restera là, regrettant parfois que le ton documentaire ait assommé toute autre velléité. Mais en tout cas, on reste copieusement éblouis. Et surtout fascinés par l’incroyable force de cette Histoire à part et ces gangsters à chapeau mou, au coup de revolver facile, qui avaient la capacité d’envoûter les gamins que nous resterons toujours en les regardant de loin vivre leur vie de truands.

voir la fiche officielle ISBN 9782756033112